Adolescence : pourquoi tant de suicides?

Les chiffres sont alarmants: chaque jour, en France, plus de deux jeunes meurent par suicide et les tentatives ratées, elles, sont encore plus nombreuses… La raison? Le mal de vivre inhérent à l’adolescence, période charnière où les fondations édifiées pendant l’enfance sont parfois soumises à rude épreuve. Comment faire face à ce fléau et surtout comment éviter le drame? Quelques pistes de réflexions.

Tour d’horizon des statistiques

Sur 12 000 morts par suicide comptabilisés chaque année en France, 850 environ concernent les adolescents âgés de 14 à 25 ans. En règle général, 30% des adolescents ayant déjà fait une tentative de suicide récidivent (dans les six mois qui suivent pour la moitié d’entre eux). Aujourd’hui, contrairement à un préjugé répandu, le nombre de suicides n’est pas en augmentation, mais il constitue la deuxième cause de mortalité dans cette classe d’âge (16% des décès), après les accidents de la route. Concernant l’origine des victimes, on remarque que l’on se suicide deux fois plus souvent à la campagne qu’à Paris. Côté sexe, les garçons meurent plus souvent que les filles, bien que celles-ci fassent beaucoup plus de tentatives: un décès pour 25 tentatives chez les garçons, un pour 160 chez les filles.

Pourquoi l’adolescence est-elle une période délicate?

Période charnière entre le monde de l’enfant et celui de l’adulte, l’adolescence est caractérisée par un remaniement psychique et physique qui fragilise le jeune et le confronte à ses possibilités et limites. Or, pour se préparer à la grande mue, l’adolescent(e), parfois très vulnérable, peut flirter avec les conduites à risques, comme le raconte Adeline, 17 ans: « c’est tellement idyllique de s’éteindre et de tout oublier », explique-t-elle. Dans tous les cas, la qualité de l’environnement familial et social joue un rôle décisif dans l’évolution d’un ado perturbé: « les interventions concrètes des adultes à ce moment-là peuvent avoir des conséquences très importantes sur le parcours de l’adolescent », analyse Miguel de Azambuja, psychanalyste. « Si celui-ci se sent écouté, soutenu, conseillé, le loup pourra toujours souffler et re-souffler, la maison ne tombera pas ».

Qui contacter quand ça ne va pas ?

Coup de cafard? Coup de déprime? Coup de folie? N’hésite pas à décrocher ton téléphone: il y aura toujours quelqu’un pour t’écouter…

– La Note Bleue, tél. 01 45 22 20 00 (24h sur 24, 7 jours sur 7)

– Suicide Ecoute : 01 45 39 40 00 (24h sur 24, 7 jours sur 7)

– SOS Suicide Phenix : 01 45 22 44 44 (de 12h à minuit, 7 jours sur 7)

– SOS Dépression : 01 45 22 20 00 (24h sur 24, 7 jours sur 7)

– Fil Santé Jeunes : 08 00 23 52 36 (de 8h à minuit, 7 jours sur 7)

– La Porte Ouverte : 01 43 29 66 02 (de 14h à 21h, 7 jours sur 7)