Pour quels troubles consulter?

Toutes les raisons sont bonnes pour entreprendre une thérapie et tout le monde est potentiellement concerné.

On peut se diriger vers la psychothérapie pour des troubles d’ordres relationnels (difficultés sexuelles, conjugales, professionnelles) ou des symptômes psychosomatiques handicapants (maux de tête, de ventre, eczéma, insomnie…). On peut aussi consulter parce que l’on souffre, qu’on est malheureux, angoissé, dépendant des autres, influençable à l’excès ou simplement parce que l’on a l’impression de ne pas être acteur de sa vie. Aller voir un psy peut aussi répondre à un problème précis: arrêter de fumer, de bafouiller ou de rougir en prenant la parole; dépasser un blocage professionnel; se préparer psychologiquement à un événement stressant à venir. Enfin, on peut commencer un travail sur soi par pure curiosité intellectuelle, pour mieux se connaître.

Pour guérir ou aller mieux?

Tout dépend des moyens que l’on se donne. A cet égard, on oppose le plus souvent psychanalyse et thérapies. La première, qui est par nature un travail de longue haleine (5 à 10 ans, voir plus), propose une exploration de l’inconscient, vaste continent! Le but de la cure n’est pas de soulager la souffrance mais de réconcilier la personne avec sa vérité profonde. Tout comme il n’y a pas de cure type (tout dépend de la personnalité du patient, de ses problèmes et attentes), il n’y a pas de guérison type. D’après Freud, une analyse atteint son but dès que le patient se remet à aimer, à renouer des relations affectives ou professionnelles satisfaisantes et à trouver « la bonne distance » avec les autres. On arrête parce que l’on vit mieux, qu’on a acquit une autonomie satisfaisante. Les dernières séances annoncent la fin, on sent que les gros problèmes sont réglés. A cet égard, Freud, Lacan et Jung, les pères fondateurs de la psychanalyse sont d’accord: il faut dénouer l’énigme du symptôme plutôt que de s’acharner à le faire disparaître. C’est comprendre pour changer. Les thérapies non analytiques se fixent, elles, un autre objectif: privilégier la guérison du patient et l’accès à une vie de meilleure qualité. Changer d’abord, comprendre si nécessaire.

Peut-on traiter les maladies psychosomatiques?

Grâce aux psychothérapies, la plupart des symptômes psychosomatiques, nombreux quand on est mal dans sa peau, disparaissent assez rapidement. Au fil des séances, grâce à l’effet libérateur de la parole, le patient arrête de « se rendre malade ». Ainsi, à l’Ipso, un institut de psychosomatique à Paris (XIIIe arr.), on peut suivre des cures destinées à guérir le corps. Le patient n’explore pas le passé aussi scrupuleusement que lors d’une analyse, mais les résultats sont parfois incroyables: une pelade ou un eczéma rebelles peuvent disparaître en une séance! Les « guérisons » peuvent être plus floues mais aussi plus profondes – tout dépend des moyens que l’on se donne. Accepter les parties les plus sombres de sa personne permet de vivre en harmonie avec soi-même, de prendre sa vie en main, d’acquérir son autonomie psychique, d’affronter ses peurs et de combattre ses complexes. Par ricochet, ces remises en question permettent de ne pas répéter les « réflexes » acquis de génération en génération. On évite ainsi de reproduire bêtement les bêtises de nos parents sur nos propres enfants.