J’en ai marre de ses caprices!

Marre des caprices de votre enfant

Léo, 4 ans, se roule par terre dans le supermarché. Son papa refuse de lui acheter la jolie voiture en vitrine. Charlotte pique une grosse colère: elle réclame une troisième sucette… Désemparés devant l’intensité des réactions de leur bambin, papas et mamans se laissent assaillir de doutes: suis-je trop laxiste, trop sévère? Si je cède cette fois-ci, ne vais-je pas en faire un tyran?Voici l’éclairage de psys sur l’art et la manière d’aborder les caprices de son enfant.

Pourquoi les enfants font-ils des caprices?

A cause de leur immaturité psychique. Comme l’explique Isabelle Filliozat, psychothérapeute (1) « son cerveau en maturation ne fournit pas encore à l’enfant les outils mentaux qui lui permettront plus tard de maîtriser ses émois. Petit, il ne sait pas encore faire des hypothèses, des déductions logiques, se décentrer de son point de vue, prendre ses distances ou se projeter dans le futur. » Dominé plus par ses pulsions que par la raison, le jeune enfant ne fait que progressivement l’apprentissage du fameux « principe de réalité », cher à Freud, et au prix d’un vrai combat intérieur. Le conflit s’apaise à l’âge dit de « raison ». L’enfant a alors intériorisé un certain nombre de règles.Deuxième élément: le petit a besoin de dire « non » à ses parents pour s’affirmer en tant que sujet et pour tester leur solidité.

Comment réagir?

En essayant d’abord de le comprendre. « L’enfant qui a une réaction insolite a toujours une bonne raison de l’avoir » écrivait Françoise Dolto (1). « Un jour, je demande à Romain, mon fils de 5 ans, de m’accompagner chez le marchand de fruits et légumes, près de la maison. Il refuse. Je commence à argumenter. Il s’obstine, jusqu’au moment où il me dit: le vendeur, il me fait peur », raconte Marie, 36 ans, sa maman.Comprendre ne signifie pas tout accepter. A chacun de fixer les limites qu’il souhaite donner à son chérubin. Mais le « non » doit être assorti d’une explication claire.Enfin, le plus difficile: accepter sa réaction. Bien souvent, gênés par la colère de leur enfant, les parents cherchent à le culpabiliser: « arrête de pleurer! », tu es ridicule de te mettre dans un état pareil… « . Résultat, le bambin est encore plus malheureux: non seulement il n’a pas le jouet convoité, mais en plus il se fait gronder! Mieux vaut lui dire: « je comprends que tu sois furieux(se), mais là je ne peux pas faire autrement », ou « là, je ne suis pas d’accord. » Il intégrera la limite, mais se sentira reconnu et respecté dans son émotion. Anne Forestier(1) Au coeur des émotions de l’enfant, JC Lattès, 1999.

EN SAVOIR PLUS

– Lorsque l’enfant paraît, Françoise Dolto Seuil, 1990.

Albums pour les enfants: Des petits livres pour les aider à appréhender la réalité et à surmonter leurs colères:

– Les colères, Dr C. Dolto-Tolitch, Gallimard Jeunesse.

– Jim, chat-ours fait des bêtises, J. Allesandrini et S. Knifke, Grasset Jeunesse.

– Oscar veut tout acheter, Catherine de Lasa, Calligram.