Grossesses multiples : une nécessaire vigilance

Vous aviez prévu l’arrivée d’un bébé, mais ce sont deux, trois ou peut-être plus qui vont débarquer. Pour beaucoup, c’est une vraie joie ; pour d’autres, la nouvelle les bouleverse.  » Elles ont peur de l’étrangeté « , explique Edwige Antier, pédiatre.  » Pour certaines mères, c’est dramatique, ajoute Caroline de Poix, membre de l’association Jumeaux et plus. Elles croient qu’elles ne vont jamais s’en sortir « . En attendant leur arrivée, ces neuf mois sont placés sous haute surveillance.

 » Les grossesses gémellaires sont considérées à risque voire à très haut risque, souligne le docteur Torner, gynécologue obstétricien. Ceux qui sont dangereux, mais plus rares, ce sont les vrais jumeaux.  » Parce qu’ils partagent le même placenta, l’un des deux (ou plus) peut tout pomper et laisser l’autre dépérir : c’est le syndrome du transfuseur transfusé. Autre menace : l’accouchement prématuré.  » L’utérus est un organe stupide, note le gynécologue. Quand il atteint une certaine taille, il estime la grossesse achevée et il se rétracte « . Or, plusieurs foetus ou un excès de liquide amiotique (hydramiose) facilitent l’augmentation du volume utérin.

La rétention d’eau, l’hypertension, le diabète sont aussi les maux à surveiller le temps de la gestation. Que faut-il faire ? Rien, si ce n’est se reposer.  » Il faut capitaliser pour leur arrivée, car on en aura bien besoin « , conseille Caroline de Poix, mère de deux jumelles.

Favoriser leur identité propre

 » Après, c’est du non-stop ! « , prévient-elle. Ses  » petits trucs  » à elle : se faciliter la vie, se débarrasser des tâches ménagères, faire ses courses sur le net, et solliciter davantage le papa. Ensuite, la principale difficulté, c’est d’aider chacun à exister pour soi.  » Il faut éviter que les bébés grandissent sous l’étiquette des  » jumeaux  » (triplés et plus), souligne Edwige Antier. Ils doivent savoir qui ils sont, pour que le jour de leur séparation ne soit pas difficile « .

Elle recommande de ne pas habiller les enfants de la même façon :  » Mais ce n’est pas suffisant : qui de Pierre ou de Jean a mis le bermuda ou le pantalon ? Il faut multiplier les signes distinctifs « . Une gourmette pour l’un, un collier pour l’autre ; les cheveux courts pour l’une, les cheveux longs pour l’autre… Mais sur une longue période pour qu’ils ne soient pas interchangeables.  »

Les parents doivent favoriser les relations individuelles « , ajoute-t-elle. Papa s’occupe de Charles et maman d’Edouard, par exemple. C’est bien de les séparer dès la première année d’école et de pratiquer des activités différentes, selon la pédiatre. Les moments en commun, en famille, ne manqueront pas pour autant.

En savoir plus

jumeaux-et-plus.asso.fr 
L’association « Jumeaux et plus » offre aux parents une aide matérielle (achat et livraison de couches, de lait, de matériel de puériculture), propose des débats, et mène une action auprès des pouvoirs publics pour favoriser des aides de l’Etat.

A Lire:

Les jumeaux, le couple, la personne de René Zazzo (1991), chez Poche

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