Il/Elle a fugué…comment réagir ?

Quitter le domicile parental sans donner de nouvelles est un geste grave… qui séduit pourtant de nombreux jeunes. Expression d’un mal-être, la fugue provoque aussi de grandes souffrances chez les parents, souvent désemparés. Nadège Pierre, psychologue au centre d’appel  » Fil Santé Jeunes  » nous donne quelques clefs pour réagir au plus juste dans une telle situation…

La fugue, un signal d’alerte

Beaucoup d’adolescents se plaisent à imaginer qu’ils fuguent. Et certains passent à l’acte. Mais le type de  » fugue  » varie considérablement d’un jeune à l’autre.  » Le degré de gravité d’une fugue varie en fonction de la durée et des conditions dans lesquelles celle-ci est mise en oeuvre, souligne Nadège Pierre. Certains vont traîner pendant deux heures avant de rentrer chez eux, ils appelleront cela  » avoir fugué « , mais ce n’est pas vraiment le cas. D’autres vont aller dormir chez leur copine, ce qui n’est pas non plus une fugue : en général, les mères se connaissent et les ados restent à l’abri. Ce type de comportement est plutôt lié à une volonté de s’opposer et de s’affirmer. Il n’y a pas, à priori, de quoi trop s’inquiéter : une conversation ouverte peut régler ce genre de  » problème  » . En revanche, les  » vraies  » fugues, celles qui durent plusieurs jours et qui sont synonymes d’errance et de squat dans la rue sont un véritable signal d’alarme.  » Les jeunes qui partent comme ça dans la rue s’exposent à de graves dangers dont ils ne sont souvent pas conscients, met en garde Nadège Pierre. C’est un signe très grave de crise, et qui peut être la prémisse d’autres comportements dramatiques, comme la dépression, la toxicomanie ou le suicide « .

Le retour au dominicile, une étape difficile

Quand l’enfant revient au foyer, les parents ne savent pas comment réagir : entre le soulagement et l’envie de sévir, la limite est souvent ténue.  » Les parents doivent montrer qu’ils sont rassurés, explique Nadège Pierre, mais sans considérer la fugue comme un acte anodin. Accueillir l’enfant à bras ouverts n’est pas la solution idéale, car c’est minimiser son acte et, dans le fond, faire mine de ne pas en mesurer les conséquences « . Une réaction violente n’est pas non plus à conseiller, bien que la fermeté doive rester de mise.  » Je ne vais évidemment pas cautionner la violence, qui peut être perçue comme un rejet supplémentaire, explique la psychologue. Mais une réaction un peu forte peut s’avérer utile pour fixer des limites au jeune.  » Quoiqu’il en soit, le recours à un pychologue s’avère souvent nécessaire après une fugue car tout ne peut pas toujours se régler en famille.  » Il faut prendre rendez-vous avec un psychologue, conseille Nadège Pierre, et accompagner le jeune au moins pour la première séance. Ensuite, une fois le dialogue instauré, ce dernier pourra continuer à être suivi sans ses parents, mais tout dépend des cas, et de la gravité de la situation…  »

Pour en savoir plus

– Fil Santé Jeunes : 0800 235 236 : un numéro vert, gratuit, ouvert 7 jours sur 7 de 8 heures à minuit. Des psychologues et des médecins sont à l’écoute des jeunes qui rencontrent des difficultés.

– Inter Service Parents : 01 44 93 44 93. Annexe du Fil Santé Jeune qui s’adresse lui, aux parents qui se posent des questions sur leurs enfants. Des psychologues sont à leur écoute pour les aider, les conseiller, voire leur proposer des services adaptés.

www.filsantejeunes.com : le site internet du centre Fil Santé Jeunes pour retrouver toutes les informations et tous les conseils mis à la disposition des jeunes.

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