Séduction: quand les femmes prennent l’initiative!

Si l’homme garde le privilège du passage à l’acte, il rêve parfois de la femme « directe » qui saura lui éviter d’interminables tergiversations. Or, aujourd’hui, les femmes lancent de plus en plus elles-mêmes le signal du premier baiser. Un comportement plus ou moins bien perçu par la gente masculine…

« Je te trouve magnifique! »

 » Evidemment je passe à l’acte ! Eh oui… Je sais être directe! A vrai dire, je n’ai aucune angoisse à faire le premier pas. Si la peur d’être jugée me retenait quand j’étais plus jeune, aujourd’hui, ça m’est complètement égal « . Virginie, jeune dessinatrice de 27 ans, est plus que directe en matière de séduction. A tel point qu’elle se retient pour ne pas effrayer les hommes:  » Récemment en soirée, un mec me plaisait vraiment. Je suis allée lui dire : « On ne se connaît pas, je te regarde depuis tout à l’heure et je te trouve magnifique ». Sur le coup, il était pétrifié. Nous sommes repartis ensemble, avons passé une merveilleuse nuit et ne nous sommes plus jamais revus. C’était parfait. Sur ce coup-là, j’ai eu de la chance. Car le plus souvent, les hommes prennent peur. Surtout ceux de ma génération qui redoutent la perte de contrôle. C’est pourquoi, quand un homme me plaît vraiment, j’essaie de me retenir « .

Premier pas… ou pas?

Toutes les femmes rêvent un jour de sauter au cou d’un beau brun ténébreux (beaucoup) trop long à la détente. Mais peu se décident véritablement. Car même si les femmes sont plus directes que jamais en matière de drague et de séduction, les spécialistes s’accordent à dire que le passage à l’acte physique reste le  » privilège  » des hommes:  » Quand on interroge les femmes, elles vous disent généralement: « Oui, je peux passer à l’acte, j’ai le droit de le faire, et si j’ai envie de le faire, je le ferai ». Cela, c’est pour la rhétorique,  » mais après ? « , s’interroge le sociologue Gilles Lipovetsky (1). Ce spécialiste, qui dit avoir vu et interviewé nombre de femmes libérées, raconte :  » je n’en ai jamais rencontré une capable d’aller embrasser un homme de sa propre initiative. Les aborder à un bar, oui, les inviter chez elles, oui, mais faire le premier pas physique, non « . Alors, bluffeuses les femmes qui disent passer à l’acte de leur propre initiative ? Peut-être choisissent-elles seulement des conditions véritablement exceptionnelles où les enjeux amoureux sont inexistants -lors d’une soirée, par exemple- ou encore quand l’homme est à priori séduit mais vraisemblablement très timide. Et surtout quand elles sont absolument certaines… de séduire!

Notes :

1. Gilles Lipovetsky, sociologue, est l’auteur de la Troisième femme. Permanence et révolution du féminin , éd. Gallimard.