Pourquoi une sexothérapie?

Le sexothérapeute est un spécialiste de la fonction érotique du couple. Il travaille sur les troubles d’origine psychogène et n’intervient qu’après s’être assuré que le problème n’est pas organique, à savoir hormonal ou vasculaire.

Le « thérapeute du sexe » est avant tout celui avec qui l’on peut parler de tout, et dans certains cas, une séance suffit pour être rassuré(e). Ce sera, par exemple, le cas pour un homme « charrié  » par une partenaire peu diplomate ou pour une femme spectatrice atterrée d’un film porno qui se dit « Mais moi, je ne fais pas ça! ». « Comme pour un bon chirurgien esthétique, il faut parfois simplement savoir leur dire: votre nez est très bien, pas besoin d’y toucher » précise Gérard Oudin, sexothérapeute. Mais rassurer prend parfois plus de temps. Rémi, 45 ans, sans érection malgré un désir présent, est troublé, stressé, déprimé par cette impossibilité à mener à bien un rapport sexuel. Après examen, des troubles vasculaires sont diagnostiqués. Il est opéré, mais rien n’est pour autant réglé.

« Ce monsieur n’arrivera pas à retrouver ses érections dès le lendemain de l’opération, explique le thérapeute. Aujourd’hui, tout mon travail consiste donc à le rassurer sur son fonctionnement organique et à l’aider à évacuer le stress du « je ne vais pas pouvoir ». L’absence de libido ou « la panne » peuvent aussi survenir suite à un évènement déstabilisant: deuil, chômage, naissance, etc. Là encore, tout le travail du sexothérapeute consiste, dans un premier temps, à rassurer pour que la personne ne focalise pas sur son incapacité à mener à bien un rapport sexuel.

Réintroduire une notion d’érotisme et de plaisir sexuel

La sexothérapie vise aussi (surtout?) à rétablir la communication sexuelle au sein du couple. Certains souffrent d’un réel manque de dialogue sur la question, d’autres d’une sexualité faite d’automatismes… Le rôle du thérapeute est alors de remettre ces couples sur les rails en les aidant à réintroduire une notion d’érotisme et de plaisir sexuel entre eux. Ce (ré)apprentissage passe inévitablement par le dialogue: « Il est incroyable de voir que deux personnes qui se découvrent, connaîtront rapidement leurs goûts pour la cuisine, les sorties, les voyages, la littérature, mais pas forcément pour le sexe.

L’idéal serait de pouvoir dire à l’autre: « apprends-moi à te connaître sexuellement », poursuit Gérard Oudin. Par des injonctions psycho-corporelles (exercices à domicile de masturbation, recommandations de lectures, de films, ou de littérature érotique, etc.), le sexothérapeute aide les patients à développer leur imaginaire sexuel. Réveiller leurs fantasmes leur permet d’accéder à une sexualité plus « ludique » ou de gravir progressivement les échelons de l’excitation.

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