Les troubles de l’érection

Avoir des pannes sexuelles de temps à autre est normal et pas forcément inquiétant. A l’inverse, si les pannes deviennent systématiques, c’est que l’homme souffre de dysfonction érectile, familièrement appelée impuissance. Il devient alors important de déterminer l’origine de ce trouble afin de pouvoir y remédier.

Définition du trouble

Lorsque les homme souffrent de pannes sexuelles, plutôt que d’impuissance, les spécialistes préfèrent parler de « dysfonction érectile », tant le terme d’impuissance est flou et possède une connotation péjorative. La dysfonction érectile est définie comme « l’incapacité persistante ou répétée à atteindre, ou à maintenir jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel, une érection adéquate » (DSM IV) et il est précisé que « la perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles ». En d’autres termes, il s’agit de l’impossibilité d’obtenir une érection suffisante pour permettre un rapport sexuel.La dysérection peut être « primaire » ou « secondaire ». Elle est dite « primaire » lorsque l’homme n’a jamais eu d’érection de qualité suffisante pour pouvoir réaliser une pénétration. Cela concerne un très faible pourcentage d’homme souffrant de dysérection.

Le plus souvent, la dysfonction est « secondaire », c’est-à-dire que l’homme avait auparavant une sexualité qui le satisfaisait, mais que, suite à des problèmes physiologiques ou psychologiques, il ne parvient plus à obtenir une érection suffisante pour pouvoir avoir des rapports sexuels.La dysérection peut être également « partielle » ou « totale ». En effet, certains hommes parviennent à avoir une érection, mais soit celle-ci est insuffisante, soit elle n’est pas assez solide et le sujet perd alors son érection à la moindre perturbation ou s’il change de position au cours de l’acte, par exemple. Si la dysérection est « totale », c’est-à-dire que l’homme ne parvient jamais à obtenir une érection, on parle d' »anérection ».

Comprendre son trouble

Les différentes études concernant les troubles de l’érection rapportent des chiffres statistiques très divergents les uns des autres, concernant la fréquence de ce trouble dans la population générale. Pourtant, toutes montrent que cette fréquence augmentent avec l’âge, touchant plus largement les plus de 50 ans, et assez peu les hommes jeunes. Il semblerait que dans la majorité des cas, la dysérection trouve son origine dans des problèmes psychologiques ou relationnels. Il est extrêmement rare que l’origine soit d’ordre physiologique lorsque la dysérection touche un homme jeune et en bonne santé. Ainsi, on différencie les troubles de l’érection qui ont une cause organique, de ceux qui ont une cause psychologique. Parmi les causes psychologiques, on peut trouver: un conflit dans le couple, une dépression, un traumatisme psychique antérieur (viol, agression sexuelle, inceste…), un stress personnel ou professionnel, un trouble de l’identité sexuelle…

La dysérection peut aussi être due à une anxiété de performance. Cela arrive le plus souvent à la suite d’une panne sexuelle banale. Ensuite, lorsque l’homme désire à nouveau avoir une relation sexuelle, il se remémore cet incident et a peur que celui-ci se renouvelle, cette peur de l’échec le stresse, et c’est ce stress qui produit une nouvelle panne. Il peut ainsi entrer dans un cercle qu’il est difficile de quitter sans aide extérieure (sexologue, thérapeute…) puisque la panne produit du stress qui lui même produit la panne. Il faut alors réagir rapidement pour éviter que le trouble s’installe.

A noter: le trouble est toujours d’origine psychologique si l’homme constate qu’il a des érections nocturnes ou matinales, ou lorsqu’il se masturbe. En cas de doute, des examens médicaux simples et non douloureux permettent de voir si le trouble à une origine d’ordre physiologique. Parmi les origines organiques, on trouve: les maladies cardio-vasculaires, le diabète, la paraplégie, un trouble hormonal, l’alcoolisme, une fracture du bassin, une malformation, une maladie des reins ou du système uro-génital. De plus, certains médicaments peuvent aussi avoir pour effet secondaire des troubles de l’érection.

Des solutions…

Pendant longtemps, les hommes souffrant de troubles de l’érection n’osaient pas parler de leurs difficultés. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à oser consulter, et des solutions spécifiques leur sont proposées selon l’origine du trouble. La dysérection d’ordre psychologique pourra se résoudre en 6 ou 7 séances chez un sexologue. Pour la plupart il suffit de mettre à jour l’origine du problème (problème relationnel du couple, stress, dépression…). Le patient doit ensuite reprendre confiance en lui et en sa partenaire pour, très vite, retrouver une sexualité harmonieuse.

Les dysérections d’ordre physiologique, pourront dans certains cas être résolues grâce aux injections intracaverneuses (l’homme se fait une injection de prostaglandine dans le pénis lorsqu’il souhaite avoir des relations sexuelles). Depuis deux ans, il existe également un traitement oral du trouble de l’érection. Il s’agit du Viagra, largement médiatisé, qui reste une solution relativement efficace pour les hommes n’ayant pas de contre-indication à sa prescription. Attention cependant: ces deux traitements nécessitent une prescription médicale.

En savoir plus:

A lire:

– Le sexe de l’homme, Ronald VIRAG, éd. Albin Michel

– L’univers masculin, Sylvain MIMOUN et Elisabeth CHAUSSIN, éd.

du Seuil