Personnalité borderline: être entre deux eaux

Tout sur la personnalité bordeline

Selon des études américaines, au moins une personne sur dix serait « borderline », les femmes étant deux fois plus touchées que les hommes.

Le fait d’être « borderline », ou « état limite », se caractérise par une grande instabilité. Les patients oscillent entre la solitude et un intense besoin de relations sociales, idéalisant ceux qui leur sont proches pour les rejeter ensuite. Ils passent de la joie à une tristesse infinie en un rien de temps. Ils peuvent aussi être apathique et la minute d’après en colère. Dépression et angoisse sont fréquentes. Les symptômes sont très variés, présentant une sorte de puzzle parfois difficile à interpréter.

Définition

Une personne « état limite » est instable dans ses relations avec les autres et avec elle-même, avec beaucoup d’impulsivité et d’agressivité. L’état limite se situe à la frontière entre névrose et psychose, sans être l’une ou l’autre. Il fait partie des troubles de la personnalité.

Le diagnostic d’état limite peut être difficile à poser car les symptômes varient beaucoup d’un patient à l’autre, et sont rarement significatifs.

Les patients sont bien adaptés socialement, ils sont souvent gais et brillants. Mais leurs relations affectives sont marquées par l’inconstance, la dépendance et l’agressivité, un peu du type « Je te déteste – ne m’abandonne pas! ».

Symptômes

Selon le mini DSM-IV, une personnalité « état limite » présente au moins cinq des neuf manifestations suivantes:

– Efforts effrénés pour éviter les abandons

– Mode de relations interpersonnelles instables et intenses qui alterne l’idéalisation excessive et la dévalorisation

– Perturbation de l’identité: instabilité marquée et persistante de l’image de soi

– Impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (par exemple: toxicomanie, sexualité, dépenses, conduite automobile dangereuse, crise de boulimie)

– Menaces suicidaires ou auto-mutilation répétées

– Instabilité affective due à une réactivité marquée de l’humeur (par exemple: irritabilité ou anxiété durant quelques heures, rarement quelques jours)

– Sentiment chronique de vide

– Colères intenses et inappropriées, ou difficulté à contrôler sa colère

– En situation de stress, impression d’être persécutée

Population à risque

« Le concept « borderline » évoque la limite fragile entre névrose et psychose, ce « partage des eaux » entre deux types de structure de la personnalité. Pour ma part, je pense que dans chaque individu est présente une frange limite et que les circonstances peuvent très bien faire basculer quiconque dans ce qu’il est convenu d’appeler « la folie », souligne Jean-Pierre Royol, psychologue clinicien à Arles. On observe par exemple que certains produits désinhibiteurs comme l’alcool ou la drogue peuvent provoquer cette bascule, ou certains conflits, ou certaines circonstances historiques comme la guerre. Le fait de créer des catégorisations hâtives est certes confortable pour la pensée mais ne reflète pas la réalité. Il est vrai que chez certaines personnes cette limite est plus fragile du fait de leur histoire affective. Certains les appellent « borderline »: c’est un terme psychiatrique américain qui a franchi nos frontières! »

Evolution et traitement

On observe souvent une plus grande stabilité dans les relations et la vie professionnelle après 40 ans. Mais les tentatives de suicide, l’auto-mutilation, la dépendance aux produits toxiques conduisent certains patients à de nombreux séjours en milieu hospitalier.

Contrairement aux psychopathes, un autre trouble de la personnalité, les personnes en état limite sont plus demandeuses de soins. La prise en charge est parfois difficile, car certains patients réagissent mal aux cures analytiques: ils s’y sentent agressés, sont hypersensibles aux remarques, tolérant mal la frustration.

Le traitement peut inclure la chimiothérapie, notamment les antidépresseurs, pendant certains épisodes. Une psychothérapie régulière, structurée, parfois menée par deux psychothérapeutes (par exemple le psychiatre prescripteur et un psychothérapeute) aide le patient à parler de ses difficultés passées et présentes. Il lui faut aussi apprendre à mieux supporter les situations de stress qui déclenchent chez lui de fortes réactions.

EN SAVOIR PLUS:

A lire:

– Psychologie pathologique théorique et clinique, Jean Bergeret, éditions Masson, abrégé de médecine, 130 francs

– Dictionnaire de la psychiatrie et de psychopathologie clinique, Jacques Postel, Larousse, (1998), 115 francs

– Mini DMS-IV, éditions Masson, 1996

Sur Internet:

Un site en anglais dédié aux personnes « état limite » et à leur famille.

http://www.mhsanctuary.com/borderline/

On y trouve des articles, des forums et des chat, certains réservés aux « borderline », d’autres à leurs proches, des témoignages et des groupes de soutien pour ceux concernés par des tentatives de suicide.

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