Dépression : le fléau du siècle?

Combattre la dépression

« J’angoisse« , « je déprime…« … Qui, un jour ou l’autre, n’a pas souffert de dépression? Ce terme, presque galvaudé, recouvre pourtant une réalité psychiatrique spécifique. En France, on estime qu’une personne sur dix environ en souffrira au cours de sa vie…

La dépression est le trouble mental le plus répandu dans le monde. « Elle capte aujourd’hui le regard psychiatrique comme les psychoses il y a cinquante ans, écrit Alain Ehrenberg dans son ouvrage La fatigue d’être soi, dépression et société. Parallèlement, quotidiens et magazines la tiennent pour une maladie à la mode, voir pour le mal du siècle ». Ce sociologue analyse la dépression comme le contrecoup psychique des responsabilités écrasantes pesant sur l’individu contemporain  » performant « , condamné à réussir parfaitement sa vie professionnelle, affective, sexuelle. La dépression n’est toutefois pas qu’un état d’âme, mais une pathologie pouvant conduire à des crises redoutables. Ses causes? Celle-ci peut surgir inopinément ou suivre des évènements de la vie qui nous fragilisent et auxquels nous réagissons plus ou moins bien: chômage, séparation, deuil, déménagement…

Définition

La dépression est une pathologie caractérisée par une modification significative de l’humeur dans le sens de la tristesse, de la souffrance et du ralentissement psychomoteur, conduisant à un sentiment d’impuissance générale, avec des idées morbides et suicidaires. Longtemps séparées en deux catégories, d’origine biologique et psychologique, les dépressions, qui revêtent des aspects cliniques très variés, sont aujourd’hui subdivisées en fonction de leur intensité et de leur durée. Leur causalité s’origine très différemment selon les cas. « Les dépressions aiguës sont de deux ordres: la dépression réactionnelle est la conséquence de toute forme de surmenage physique ou psychologique, tandis que la dépression inconsciente est liée à des phénomènes inconscients qu’il s’agit de décoder en psychothérapie », souligne Jean-Pierre Royol, docteur en psychologie et psychopathologies cliniques.

Symptômes repérables

Selon le mini DSM-IV, un « épisode dépressif majeur » se reconnaît à au moins cinq des symptômes suivants, présents pendant au moins deux semaines:

– humeur dépressive toute la journée ou presque tous les jours, signalée par le sujet ou observée par les autres (pleurs).

– nette diminution de l’intérêt ou du plaisir pour presque toutes les activités, pratiquement toute la journée et tous les jours.

– perte ou gain de poids significatif, diminution ou augmentation de l’appétit.- insomnie ou hypersomnie régulière.

– agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours.- fatigue ou perte d’énergie de manière quotidienne.

– sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive, voire délirante.

– indécision, diminution de l’aptitude à penser et à se concentrer presque tous les jours.

– pensées morbides, idées suicidaires.

Evolution

L’évolution d’une dépression dépend en partie de l’entourage du malade. « La dépression est rarement prise à temps, et ce qui s’avère souvent le plus destructeur est l’incompréhension de l’entourage, qui intervient comme circonstance aggravante, explique Jean-Pierre Royol. D’où l’intérêt, parfois, d’une mise à l’abri de la personne dépressive. Le pire consiste à prendre la dépression pour de la comédie même si, évidemment, le patient est le plus souvent persécuté par son imaginaire. Ne pas prendre au sérieux les plaintes d’un dépressif peut en effet le conduire à des manoeuvres d’autodestruction, dernier effort pour se faire entendre ». Face à une personne dépressive, il faut donc être à l’écoute le plus tôt possible. De plus, à long terme, une dépression chronique peut entraîner dans une spirale: risque de récidive sur un terrain encore plus fragilisé, conduites addictives (alcool, drogues, médicaments), perte d’emploi, isolement social… Mais sous l’influence d’un traitement commencé à temps, l’évolution est souvent favorable.

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