Cyclothymie : petits maux, grands effets!

Comprendre la cyclothymie

Si la littérature médicale l’évoque peu, la cyclothymie touche aujourd’hui un grand nombre de personnes, avec parfois des conséquences redoutables.

Faut-il adopter une attitude fataliste face au cycle incontrôlable des hauts et des bas de moral, comme un jeu de yo-yo avec les émotions? La cyclothymie n’est-elle vraiment qu’un petit caprice sans lendemain de l’humeur? En apparence seulement. « Une approche plus profonde montre que c’est l’angoisse qui, en réalité, modifie l’humeur, prévient Jean-Pierre Royol, docteur en psychologie au Centre hospitalier d’Arles. De l’humeur capricieuse souvent attribuée aux femmes, aux troubles maniaco-dépressifs très destructeurs, le terme cyclothymie recouvre en fait des souffrances des plus banales aux plus cruelles ».

Définition

La cyclothymie est une alternance de l’humeur qui évolue par phases entre euphorie et tristesse, selon une évolution cyclique plus ou moins régulière. La cyclothymie est considérée comme un simple tempérament, prédisposant peut-être à la maladie mais restant du côté de la normalité. Mais quand elle prend un caractère excessif, et que le sujet passe violemment d’un état à l’autre pour des motifs banals, on entre dans le domaine pathologique.

Symptômes repérables

Selon les critères diagnostiques du Mini DSM-IV (1), la cyclothymie est repérable à partir des symptômes suivants:- existence pendant au moins deux ans (un an chez les enfants et les adolescents) de nombreuses périodes pendant lesquelles les symptômes sont présents de façon répétée, notamment des symptômes dépressifs, sans que soient réunis les critères d’un épisode dépressif majeur.

– au cours de cette période de perturbation de l’humeur, au moins trois des symptômes suivants ont persisté avec une intensité significative: augmentation de l’estime de soi ou des idées de grandeur, réduction anormale du besoin de sommeil (par exemple, sensation de repos après trois heures de sommeil seulement), désir de parler constamment, fuite des idées, distraction importante due à des stimulus extérieurs et insignifiants, augmentation très nette de l’activité orientée vers un but social, professionnel, sexuel, engagement excessif dans des activités agréables, mais pouvant se révéler dommageables dans leurs conséquences : achats inconsidérés, conduite sexuelle inconséquente…

– les perturbations de l’humeur et du fonctionnement sont manifestes pour les autres.

– durant ces deux ans, le sujet n’a pas connu de période de plus de deux mois consécutifs sans les symptômes décrits.

– les symptômes entraînent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

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