Le bruxisme, une façon d’évacuer son stress

Le bruxisme définition

Le bruxisme ? Un terme qui ne vous dit rien qui vaille ? Vous n’avez pas tort. Issu du grec  » brukheim « , qui signifie grincer, le bruxisme se définit comme des mouvements et des grincements de dents répétitifs et involontaires sans but fonctionnel. Avec pour effet de limer dangereusement les quenottes. Bernard Chapotat, dentiste et spécialiste de la question à l’université Claude Bernard à Lyon, fait le point

Souffre-t-on de bruxisme dès lors que l’on grince des dents ?

Bernard Chapotat : Pas forcément. Il arrive à tout le monde de serrer les mâchoires, quand on se fait remontrer les bretelles par son patron par exemple. Le bruxisme diurne est rarement pathologique, à l’inverse du bruxisme nocturne. Durant le sommeil, certaines personnes vont en effet avoir une activité musculaire de la mâchoire si forte que les dents vont en pâtir, en se fendillant ou en s’usant. Dans les cas extrêmes, les dents vont perdre plusieurs millimètres en quelques mois. On souffre de bruxisme quand on présente de tels symptômes ou quand on éprouve de fortes douleurs à la mâchoire au réveil.

Comment explique-t-on ce phénomène ? On a longtemps dit qu’il était dû à l’usure de la mâchoire …

BC : Les recherches ont prouvé que ce n’était pas une explication probante. Le bruxisme reste un phénomène complexe. Pour d’autres confrères, le bruxisme serait une habitude héritée du monde animal, instinctive, et qui permet aux carnivores de garder les dents acérées. Une habitude qui n’aurait pas disparue chez l’homme, malgré la civilisation. On penche désormais plutôt pour des causes psychologiques ou liées à la personnalité. Le stress, l’anxiété, sont de plus en plus mises en avant pour expliquer ce phénomène. On a noté, par exemple, une augmentation du bruxisme chez les étudiants avant les examens !

Les bruxomanes sont donc plutôt des gens stressés ?

BC : Le stress n’est pas le seul facteur de bruxisme. Parfois, c’est au contraire l’absence de stress qui va provoquer le bruxisme. On ronge son frein, quand on est chômeur par exemple. Marie Bonaparte (psychanalyste française – 1882 -1962, ndrl), qui a beaucoup travaillé sur la question ne disait-elle pas :  » On grince des dents quand on ne peut pas mordre ce que l’on voudrait mordre « … Les introvertis peuvent aussi être sujets au bruxisme. Au lieu de diriger leur hostilité ou leurs frustrations envers les autres, ils vont la retourner contre eux. C’est une forme d’automutilation… Enfin, on a noté que la consommation d’alcool, de tabac ou de drogue constituait des facteurs aggravants. Comme je le disais, le bruxisme reste un phénomène difficile à cerner, et que l’on ne règle pas uniquement en allant chez le dentiste !

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