Vivre nu pour se décomplexer

Le nudisme

Synonyme d’harmonie avec la nature, avec soi-même et surtout avec son corps, le naturisme s’offre, aujourd’hui, un retour apprécié. Explications.

« Bizarrement, je suis super complexée habillée alors que nue, je ne le suis pas du tout », déclare Sandrine, 19 ans. Cette jeune étudiante vient en centre naturiste avec ses parents depuis qu’elle est toute petite : « Je suis très habituée à cette nudité, et elle ne me gêne pas du tout, même quand nous sommes entre potes. Lorsqu’on est nu dans un environnement naturiste, on est tous pareil et on ne se sent jamais jugé ». Ronde, Sandrine est effectivement très belle nue et totalement à l’aise dans son corps : « Il n’y a qu’à l’adolescence où j’ai éprouvé le besoin de me cacher. Quand les poils ou les seins poussent, la plupart des ados éprouvent le besoin de se cacher ».

Nudisme et naturisme, deux attitudes différentes

Chaque année, 1 million de naturistes choisissent la France et on estime à 2 ou 3 millions le nombre de vacanciers (naturistes et nudistes confondus) qui, chaque année, font tomber le maillot. Mais entre nudisme et naturisme, la différence est importante. Si les premiers enlèvent le bas simplement pour faire bronzette sur la plage, les seconds obéissent à une véritable philosophie de vie : accord avec la nature, avec les autres et avec soi-même. La nudité en commun est le moyen de se sentir libre, au milieu d’hommes et de femmes qui partagent les mêmes aspirations. C’est initier une nouvelle relation avec la nature, connaître la pleine caresse du soleil sur sa peau, sentir l’eau glisser sur son corps. Les naturistes souhaitent promouvoir une autre forme de beauté, indépendante de l’image corporelle.

Se mettre nu pour apprendre à se respecter

Marc-Alain Descamp (1), docteur en psychologie et psychanalyste, est considéré comme le « psychologue du nu » depuis sa thèse publiée en 1972. Il explique la philosophie du naturisme : « Les naturistes s’efforcent de poser sur autrui un regard qui ne juge pas, pour l’accepter tel qu’il est. Il ne s’agit pas d’éliminer l’idée du beau, mais de l’élargir : être beau, c’est oser se montrer au naturel « . Mais, comme l’expliquait Sandrine, tout le monde n’est pas égaux devant sa nudité, et certains – adolescents ou adultes – ne peuvent s’empêcher de se sentir complexés. « Après l’âge de trois ans, les adultes font comprendre à l’enfant que la nudité n’est pas convenable : c’est ainsi qu’ils acquièrent la pudeur, explique le psychanalyste. A la puberté, apparaît une autre forme de pudeur qui, elle, s’apparente à la honte ». Ainsi, si la pudeur est liée au respect de soi et de son intimité, la honte en revanche relève de la dépréciation de soi, de la culpabilité et de la faute. Une personne complexée a bien souvent subi une éducation qui lui a transmis une idée honteuse de son corps et un manque d’estime de soi. Quand la honte de son propre corps fait trop souffrir, un petit tour du côté des naturistes peut permettre d’intégrer le sentiment d’estime de soi qui fait défaut. « Les novices qui découvrent le naturisme pour la première fois sont parfois gênés durant les toutes premières heures, résume Sandrine. Mais ils s’y font très rapidement et apprennent par la suite à ne plus déprécier leur apparence. Ils se respectent enfin ».

1.Corps et psyché, éd. Hommes et Perspectives, 1992.

Pour tout renseignement :

Fédération Française de Naturisme (FFN), 65, rue de Tocqueville, 75017 Paris. Tél. 01 47 64 32 82.

Site : www.ffn-naturisme.com

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