Venir à bout des rapports sexuels douloureux

Infections, irritations, mauvaise lubrification, appréhensions… Il arrive parfois que les rapports sexuels soient douloureux. Que faire?

En cas de rapports sexuels douloureux (appelés « dyspareunie ») plusieurs choses sont à mettre en oeuvre.

Premier conseil: consulter son médecin traitant ou son gynécologue/urologue. Celui/celle-ci, par des examens précis, sera à même de diagnostiquer un problème local: infections (MST comme l’herpès, candidoses, mycoses du vagin ou du gland et du prépuce), traumatismes, inflammations, une insuffisance hormonale, malformations anatomiques par exemple de l’hymen chez les femmes, ou du prépuce chez les hommes, comme un phimosis (étroitesse du prépuce qui empêche de décalotter). Une fois ce problème identifié, le médecin propose un traitement adapté: des antibiotiques contre les infections, une circoncision pour un phimosis, pratiquée par un urologue, une incision de l’hymen pratiquée par la gynécologue, des traitements hormonaux locaux pour la sécheresse vaginale ou simplement des lubrifiants comme de la vaseline…

Si aucune cause locale n’est en cause le médecin envisage des causes générales. Un disfonctionnement endocrinien par exemple. Il peut tout simplement s’agir de la ménopause, bien que toutes ne soient pas accompagnées de sécheresse vaginale.

En parler à un psy

Si toute cause médicale physique est écartée, on peut s’interroger sur l’origine psychologique des douleurs. Ainsi, un vaginisme (contraction du sphincter du vagin) peut être dû à une irritation mécanique ou à une cause psychologique comme une phobie. La cause psychologique est aussi à chercher du côté d’une mauvaise adéquation du couple qui renvoie souvent à une problématique personnelle, d’une absence de désir ou d’un blocage vis-à-vis de la sexualité. Ce n’est pas un sujet tabou: beaucoup de personnes souffrent de ce type de problèmes. Rencontrer un sexologue et/ou psy et entamer une thérapie (sexothérapie, thérapie de couple, thérapie individuelle, psychanalyse) peut permettre de comprendre ses dysfonctionnements et de (re)découvrir, peu à peu, une sexualité heureuse. Certaines douleurs sexuelles disparaissent aussi au fil de l’expérience sexuelle des individus. Par exemple, chez certaines jeunes filles, la douleur disparaît en même temps que l’appréhension des rapports sexuels.

Une affaire de pratique

Enfin, des rapports sexuels douloureux peuvent aussi être la conséquence des pratiques sexuelles elles-mêmes. Une activité sexuelle « effrénée » peut provoquer de petites lésions sur le pénis, qui créent des douleurs. Certaines positions peuvent provoquer une douleur chez la femme, variable d’ailleurs en fonction de son cycle et en fonction des femmes. La taille du sexe de l’homme peut aussi être en cause. Les femmes se plaignent rarement, contrairement à une angoisse masculine très répandue, d’un pénis trop petit. En revanche, un pénis trop volumineux peut être inconfortable. Enfin, il faut parler de la technique sexuelle des partenaires. La maladresse et la brutalité peuvent faire mal! Dans tous ces cas l’essentiel est de parler, de communiquer à l’autre ses sensations, ses désirs et de suggérer des solutions simples comme essayer d’autres positions, ou pour l’homme d’être plus doux dans une position donnée. Si le partenaire masculin ne veut rien entendre, la solution à des rapports sexuels douloureux avec lui est assez simple: changer de partenaire! A vous de voir…

En savoir plus

– Traitement comportemental et cognitif des difficultés sexuelles, de F. Boudat et N. Jarrousse, éd.Masson.

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