La Boulimie : s’en sortir

Combattre la boulimie

C’est seulement depuis la fin des années 70 que la boulimie est reconnue comme une maladie d’origine psychosomatique. La boulimie, qui touche surtout les jeunes femmes, apparaît vers 17-20 ans et peut durer de longues années. Quelles sont les manifestations de cette pathologie… et comment en guérir ?

Mieux comprendre son mal

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par des accès incontrôlables de fringale. Les accès s’accompagnent d’humeur dépressive et de culpabilité. « Sur le fond, la boulimie exprime une certaine forme d’agressivité refoulée et même une certaine violence , explique Jean-Pierre Royol, docteur en psychologie et psychopathologie cliniques. En réalité, la boulimie c’est la faim de loup mais aussi un désir de possession et d’emprise. Ce trouble cherche à combler comme il le peut un vide intérieur, un manque de sens, un manque de paroles ».

Les effets dévastateurs de la boulimie

La boulimie sans prise de poids est fréquente en raison des vomissements provoqués et, si la personne n’en parle pas, la maladie est vécue dans un isolement total. Les conséquences physiques et psychologiques sont multiples : détérioration de l’émail des dents, troubles digestifs et lésions, irritation de la bouche et de la gorge, sentiments de honte, de haine et de dégoût de soi. Les conséquences possibles ? Le recours à l’alcool, aux drogues et aux médicaments pour lutter contre cette angoisse. « La boulimie peut conduire à un état dépressif plus ou moins profond avec une impression insupportable de vide intérieur », souligne Jean-Pierre Royol.

Quelles sont les solutions ?

Chez les boulimiques, l’impulsivité et la fréquence des passages à l’acte rendent délicates les entreprises thérapeutiques. Peuvent être recommandées les thérapies familiales, les thérapies artistiques (qui favorisent l’expression des affects), les thérapies analytiques. Un traitement antidépresseur peut également être prescrit. Enfin, l’approche diététique reste indispensable. « Ce trouble disparaît en psychothérapie à partir du moment où les mots remplacent les mets. On se rend compte, dans l’après-coup, que ces personnes en avaient gros sur le coeur, mais qu’elles ne trouvaient pas les mots précis pour le dire. Toutes disent qu’elles se sentaient condamnées pour toujours, ce qui est bien une manière de dire qu’à l’origine du trouble, on trouve une forte culpabilité. Dès que son origine est décodée, le trouble s’efface », conclut Jean-Pierre Royol.

En savoir plus

Livres :

– Le corps absent, approche psychosomatique des conduites alimentaires, Maurice Corcos, éd. Dunod (2000). Un éclairage psychanalytique du phénomène.

– Anorexie et boulimie, Julia Buckroyd, éd. J’ai lu – les guides essentiels (2000). Une approche très pratique en poche, avec de nombreux témoignages.

– Mini DSM-IV, critères diagnostiques, éd. Masson (1996).

– Les toxicos de la bouffe, Catherine Hervais, éd. Buchet/Chastel (1999).

– Vivre la boulimie , Sylvette Riéty, éd. EVO (1999).

– Anorexie, boulimie, pourquoi ?, Margo Maine, éd. Souffle d’Or (1997).

Adresses utiles:

– Association d’Aide aux Boulimiques : des infos, des groupes de parole animés par des psychothérapeutes spécialisés, des programmes de formation… Adresse postale: 151, rue d’Alésia 75014 Paris -Groupe d’études français sur l’Anorexie et la boulimie : fondé en 1983, le GEFAB est une association régie par la loi de 1901 qui se propose de mieux comprendre la pathologie du comportement alimentaire, dans le but d’en améliorer les traitements spécifiques.

Adresse postale :

Maison des Sciences de l’Homme, 54 Boulevard Raspail, 75270 Paris Cedex 06.

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