Papa se prend pour Peter Pan

Avoir des enfants, c’est accepter de s’inscrire dans le temps, donc de vieillir. Le syndrome de Peter Pan, c’est le contraire! Il se noue dès l’adolescence. Questions à Jacques Arènes, auteur de Y a-t-il encore un père à la maison? (Fleurus).

– Qu’est-ce que le syndrome de Peter Pan?

Le syndrome de Peter Pan c’est le refus de grandir et de quitter le pays de l’enfance. Le livre de Berry, dont Walt Disney a tiré son dessin animé, est l’histoire d’un garçon qui s’arrête de grandir et quitte ses parents pour le pays du « Jamais jamais ». C’est le pays des enfants perdus et abandonnés. Il n’y a pas d’interdits dans ce pays de l’enfance éternelle, mais c’est aussi un pays de solitude. Beaucoup d’hommes et de femmes ont peur de vieillir, même à 20 ans. Le fait d’avoir des enfants c’est accepter de s’inscrire dans le temps, donc de vieillir.

– Pourquoi ce syndrome touche-t-il davantage les hommes que les femmes?

Ce syndrome affecte beaucoup de pères mais d’abord beaucoup de jeunes adultes, hommes et femmes. Entre 20 et 35 ans, ceux-ci ont du mal à quitter leur famille et à s’installer dans une vie à eux. Ce syndrome comporte des aspects très positifs: ces jeunes ont le temps; ils ne sont pas dans une logique de rupture; ils avancent pas à pas. Mais ce phénomène est plus marqué chez les hommes. Les jeunes femmes quittent leurs parents et s’installent plus vite que les garçons. Cela est lié au contrôle parental. Comme les filles sont jusqu’à leur majorité plus contrôlées que les garçons, elles sont obligées de grandir… et de partir. Alors que les garçons ont un bénéfice important d’autonomie (dès 15-16 ans) tout en restant enfant longtemps.

– Avant de devenir père, il faut devenir adulte…

Oui. Avant de vouloir et de pouvoir se dire père il faut avoir le sentiment d’être adulte. Il faut aussi être désireux d’avoir des enfants. Cela est plus complexe pour les hommes que pour les femmes qui savent peu ou prou, ou quelquefois de manière très violente, quand elles désirent un enfant. Pour les hommes la question est plus compliquée et peut prendre du temps à cheminer: « Est-ce que je veux un enfant, et suis-je prêt à en avoir un? » Et puis, comme les hommes ne portent pas les enfants, ce cheminement intérieur est parfois long. Je me souviens d’un homme qui me disait « je suis vraiment senti père quand mon fils aîné avait 15 ans ». Cela ne veut pas dire qu’il ne s’était pas occupé de son fils avant. Mais avant, il se cherchait encore…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *