Mes histoires d’amour (tordues) radotent…

« Je tombe toujours sur des salauds !« . A bien se pencher sur nos aventures amoureuses successives, force est de constater que leurs scénarios se répètent souvent. Pourquoi nos histoires d’amour bégayent-elles ainsi ? Explications.

Il accumule les déceptions amoureuses et reproduit sans cesse le même scénario catastrophe: « je finirais célibataire », se plaint-il… Elle vient de quitter son troisième mari: comme les deux précédents, il était alcoolique et la frappait: un vrai destin tragique. Il vient d’être quitté pour la cinquième fois et ne comprend pas les raisons de ces échecs répétés alors qu’il se montre si « gentil » : il se pense incompris.

D’où vient le « règne des répétitions » ?

Partenaires officiels de tous les êtres humains et d’une implacable banalité, les échecs amoureux qui se répètent inlassablement sont néanmoins douloureux. Guy Corneau (1), psychosociologue canadien réputé pour ses travaux sur les liens familiaux et affectifs, a consacré la majeure partie de ses recherches à l’échec répétitif en amour. Ce spécialiste parle même du « règne des répétitions ». Mais qu’est-ce que l’on revit au juste ? « Je crois que nous répétons inlassablement les mêmes rapports aussi longtemps que nous n’arrivons pas à dégager la figure symbolique qui se tient derrière », explique-t-il. Et cette figure symbolique, c’est bien évidemment le père ou la mère – inutile d’aller chercher bien loin. Que nous le voulions ou non, les liens hérités de l’enfance marquent nos comportements amoureux: peur d’être envahi, peur d’être rejeté… Les relations parents-enfants conditionnent directement nos choix affectifs, soit parce que nous recherchons un modèle auquel nous ne pouvons échapper, soit parce que nous le fuyons.

Avant d’aimer, pansez vos plaies !

« La vie est parfaite, puisqu’elle nous ressert toujours le même plat jusqu’à ce que nous prenions conscience de ce que nous sommes en train de manger », synthétise Guy Corneau. Ainsi, tant qu’une histoire d’amour malheureuse n’est pas comprise et assimilée, elle se reproduit à l’infini. Comprendre ce que l’on revit exactement dans ce type d’histoire d’amour, l’assimiler et l’intégrer, c’est donc passer au plat suivant. « Pour aimer l’autre, nous devons commencer par nous réconcilier avec nous-mêmes. Prendre conscience de nos blessures et en guérir. Alors seulement pourrons-nous recevoir et donner, et connaître un amour harmonieux et épanoui », poursuit le célèbre psychosociologue. Ainsi, force est de constater qu’une histoire à répétition est une opportunité de progrès: sans ratage, pas de remise en question, donc pas d’apprentissage, ni de sagesse. Alors d’une certaine façon, vive les échecs amoureux pour passer plus vite à autre chose !

Notes: 1. Guy Corneau est l’auteur de N’y a-t-il pas d’amour heureux?, éd.J’ai lu.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *