Les cheveux ont un langage !

Les cheveux sont l’expression d’une culture. Pendant des siècles, ils ont exprimé la sensualité et la place d’un individu dans la sociétés. Aujourd’hui, le cheveu est devenu un accessoire de mode. C’est une expression de soi. Il marie le social et l’intime.

Dans toutes les sociétés, le chef est l’habitacle de l’âme. Les cheveux qui couronnent nos têtes parachèvent la beauté humaine. Ils relient le visible à l’invisible. Parce qu’ils poussent et se renouvellent sans cesse, les cheveux concentrent une force que beaucoup de peuples ont estimée sacrée. Mais il faut canaliser cette force en la domestiquant. Cette domestication confine à l’art. Symboliquement, c’est passer de la barbarie à la socialisation.

Le cheveu, une expression de soi

La coiffure incarne un statut social, culturel et témoigne d’une identité. Dans les société traditionnelles, elle renseigne sur la place de chacun dans la collectivité. C’est un signe aussi significatif qu’un vêtement ou un uniforme. Mais à mesure que les sociétés s’individualisent, les hommes demandent à leur apparence plus de personnalité. Ainsi, l’expression ritualisée et publique s’efface devant un Moi plus intime. Dans les années 20, les dandys crantent leurs mèches avec soin, par souci esthétique. Mais leur coiffure est surtout un moyen signaler le raffinement de leur vie, de leurs artifices et de leur oisiveté. Aujourd’hui, le cheveu est devenu une expression de soi, avec la quelle on peut jouer. C’est un accessoire de mode aussi versatile qu’un maquillage. Ainsi, les chanteuses déroutent par leur changement d’apparence, à chaque passage télévisé. De leur côté, les actrices communiquent à travers leur coiffure. Juste avant le festival de Cannes, le top modèle Laetitia Casta se coupe les cheveux pour marquer sa conversion au cinéma. La presse féminine tombe en pâmoison et consacre des couvertures entières à cette nouvelle coiffure qui rend visible aux yeux le désir de ne plus être frivole comme un mannequin.

Il était une fois, le cheveu…

Ainsi, par leur implantation, leur disposition et leur couleur, les cheveux extériorisent une part de notre identité. Auparavant, les cheveux étaient chargés de magie, et cette part d’identité s’exprimait à notre insu. Au Moyen Age, « Le traité du Secret des secrets » décrypte les significations de la chevelure. Question implantation, « avoir beaucoup de cheveux est un signe de débonnaireté et de froideur de cervelle ». Au XIXème, dans « L’art de deviner le caractère », question disposition, on apprend que les cheveux qui frisent naturellement et qui s’élèvent sur le front annoncent une personne douée en musique. Question couleurs, les teintes aussi ont leurs secrets. Le cheveu roux contient des molécules de souffre. Or le souffre renvoie à l’univers du diable. La femme rousse est donc une créature démoniaque et sulfureuse. Certains proverbes mettent en garde contre la tentation « Des cheveux roux de femme barbue, sauve-toi à la course ». De même, la blondeur des femmes n’a pas toujours eu bonne presse. « Elle dort, elle s’accoutre, elle fait la blonde ». Aujourd’hui encore, les blagues sur la bêtise des blondes se répandent comme une traînée de poudre. Les cheveux noirs concentrent des appréciations plutôt positives. Mais ils peuvent être signe de danger. Finalement, les cheveux de couleur commune sont de loin les plus appréciés.

Dis moi comment tu te coiffes, je te dirais qui tu es…

Mais aujourd’hui, les choses ont changé. La demande sur les couleurs extrêmes comme le bleu, le vert ou le rose s’accentue. Le cheveu est devenu le plus sûr moyen d’exprimer sa culture personnelle. En plus, il est indissociable d’un total look, d’une silhouette. Du coup, les progrès scientifique ont permis d’assouvir toute les fantaisies réclamés, au niveau de la texturisation et de la coloration de ces poils particuliers. « On change de look comme de chemise, avec un effet je sors de la piscine le matin et une effet gomminé le soir » explique Jean Dominique Tortil, responsable chez l’Oréal.

En savoir plus

– Les vies du cheveu, Marie-Christine Auzou, Sabine Melchior-Bonnet, éd.

Découvertes Gallimard.