Pourquoi on a tous (et toutes) les mêmes fringues ?

Même si l’habit ne fait pas le moine, le style vestimentaire est un élément sacral. Mais comment expliquer une telle standardisation de l’apparence et comment ne pas devenir une pâle copie des autres ?

Une caractéristique des ados

Elise a 16 ans. Depuis son entrée au collège, elle consacre chaque jour plus de temps à choisir sa tenue journalière, au grand dam de sa mère… Les séances d’achats vestimentaires sont aujourd’hui de vraies scènes de conflits générationnels, durant lesquelles Elise tente désespérément d’imposer les vêtements qu’elle « doit » avoir. Car pour elle, pas question de se passer du pull ou des dernières baskets que les trois quarts de la classe ont déjà adoptés… « Je pense être suffisamment conciliante avec ma fille, explique Geneviève, la mère d’Elise. Pour ne pas la museler, j’essaie de la comprendre tout en lui fixant certaines limites.

Pas question, en effet, de l’autoriser à se jucher sur 50 cm de talons! »… Des propos qui nous sont familiers… Normal! Les vêtements constituent un véritable examen de passage qui nous permettent de nous intégrer dans notre groupe d’amis.  » Les vêtements sont, pour les ados, un support extérieur et visible de reconnaissance. C’est leur signe de ralliement et d’appartenance à telle ou telle tribu. C’est aussi, pour eux, une manière évidente de se démarquer de la génération de leurs parents « , explique Pascal Hachet, psychologue.

Le regard des autres…

La même jupe? La même manière de lacer nos chaussures ? Toutes ces conventions vestimentaires nous permettent finalement de passer inaperçus, d’éviter de nous distinguer des autres. « Si je débarque en cours avec un bonnet rose ou un pantalon super ringard, tout le monde va me dévisager. Ils ne se moqueront pas forcément ouvertement, mais ils me jugeront en silence, j’en suis sûre. Je préfère ne pas prendre le risque! », raconte Elise…

Effectivement, le regard des autres est très important à un moment où on établit des repères sociaux en nouant des amitiés. Plus tard, quand notre personnalité s’affirme, on s’approprie (en principe) pleinement le style dans lequel on se sent bien… en s’affranchissant peu à peu de l’opinion d’autrui.

Être en harmonie avec soi-même

Car l’essentiel est de se sentir bien et les codes vestimentaires ne doivent pas se transformer en contraintes. Si on souhaite s’affirmer de manière différente, il ne faut pas hésiter… En gardant à l’esprit que les véritables amis ne nous jugeront pas sur notre apparence.  » Chaque corps évolue de manière différente à l’adolescence. Il faut adapter son style à sa silhouette. La mode ne doit pas devenir une obligation étouffante et frustrante « , conseille Pascal Hachet.

Rien ne change finalement…

Si s’habiller de manière conforme est une attitude caractéristique chez des adolescents, elle se retrouve aussi à l’âge adulte ! Street-wear pour les informaticiens, couleurs sombres chez les  » créas  » ou costard-cravate du côté des commerciaux : sans tomber dans les clichés, les adultes se conforment eux aussi à certaines règles vestimentaires, par mimétisme, volonté ou identification inconsciente.  » Finalement, en s’habillant comme ses pairs, l’adolescent clame haut et fort que qu’il appartient à la  » tribu des ados « , conclut Pascal Hachet.

Pascal Hachet est Psychologue et auteur de Ces ados qui jouent les kamikazes (Ed. Fleurus).

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