La masturbation au féminin: sujet tabou?

Il y a 2500 ans, sur l’île de Lesbos en Grèce, la prêtresse Kora apprenait les joies de la masturbation à ses acolytes femmes. Les moeurs ont bien changé. Car les femmes d’aujourd’hui subissent de plein fouet la honte de se toucher, inculquée par leur mère et leur grand-mère. Le point sur un très vieux tabou : la masturbation féminine.

La masturbation… réservée aux hommes

Une femme peut renoncer à la masturbation. Mais pas un homme. Pour ce dernier, la masturbation est une pratique aussi évidente que le pénis situé entre ses jambes. Selon la sexologue américaine Nancy Friday, cette différence de traitement nous a été inculquée par nos mères:  » Une mère peut ne pas aimer voir son petit garçon se toucher, elle pourra lui retirer sa main d’entre les jambes, mais au fond elle ne voudra pas empêcher son fils de « devenir un homme » « . Car on admet volontiers que la masturbation est inscrite dans le destin de l’homme. Le constat est très différent pour les filles :  » Depuis la nuit des temps, une mère qui se « respecte » empêchera sa fille de se masturber avec une bien plus grande détermination qu’elle ne le fera à l’égard de son fils « , note la sexologue. Car les  » filles bien  » ne se masturbent pas. L’humanité en est même arrivée à des extrémités hallucinantes pour  » garder les femmes à leur place « , en leur retirant chirurgicalement toute trace apparente de sexualité…

De timides initiatives…

Si notre inconscient de femme garde quelques traces de cette éducation, une nouvelle génération qui a grandi avec la libération sexuelle, commence peu à peu à dédramatiser la masturbation féminine. Dès la fin des années 70, la sexothérapeute américaine Betty Dodson lançait même des cours d’anatomie et de masturbation à l’intention des femmes pour les aider à s’approprier leur corps. Cette initiative a fait des émules aux Pays Bas, au Canada ou en Espagne. En France, on reste frileux et on continue à se cacher derrière la médecine. Nombre de sexologues et de sexothérapeutes conseillent cependant à leurs patientes des exercices de masturbation. Doucement mais sûrement, le message passe: la masturbation compte parmi les meilleurs moyens de s’approprier son corps et sa sexualité.

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