Le rapport anal violent pratiqué par un homme

Franck (1), 35 ans, dit « beaucoup aimer les fessiers de ces dames« . Et pour cause. Son fantasme de sodomie violente est proche de la pratique SM. Explications.

Fonctionnaire à la RATP, l’homme bedonnant sort d’un sex-shop de Pigalle (Paris, XVIIIe) un sac plastique à la main. Ravi de se raconter, il utilise sciemment un vocabulaire cru: J’ai toujours fantasmé sur le c.. de mes partenaires et suis passé à l’acte à de maintes reprises. Si les choses sont bien faîtes, je suis persuadé que toutes les femmes y trouvent du plaisir. Cependant, mes scénarios sexuels vont plus loin: j’imagine ma partenaire exiger de moi que je la prenne par cet orifice. Elle m’expose son derrière et m’ordonne de la b…er par le c… Evidemment, je m’exécute avec joie ». Au fur et à mesure qu’il se dévoile, Franck s’enflamme: « Elle m’ordonne ensuite d’y aller plus fort: ‘Vas-y, bour.. mon c..’, ‘Plus fort!' ». Etc., etc. Inutile de s’étaler sur les détails, on a compris le message.

Un classique sadien

Si certains hommes refusent de pratiquer la sodomie (eh oui) c’est parce qu’elle est synonyme pour eux de pratique homosexuelle. Beaucoup d’autres en revanche l’apprécient énormément tout simplement parce que l’anus est plus resserré que le vagin – leur procurant davantage de plaisir encore. Mais ce fantasme va bien plus loin.

Ici, Franck imagine une femme totalement offerte, une « cochonne » qui se complaît dans les rapports anaux, activité sexuelle la plus prohibée de toutes. En utilisant des mots orduriers, en lui demandant d’accomplir l’acte le plus tabou, cette femme colle parfaitement à l’image qui fait le délice des hommes: la femme insatiable totalement abandonnée à lui. Le sentiment de puissance de Franck est ainsi décuplé. Dans son récit, on retrouve une conjonction du sexe, de la douleur et de la puissance sous une forme classique, presque sadienne. Dans les écrits de Sade en effet, le vagin est rarement au centre de son obsession. C’est l’anus l’objet de ses désirs sexuels les plus véhéments. « Dans la sodomie, on retrouve à mon avis deux pratiques sexuelles très différentes, confirme Erick Dietrich (2). Un rapport doux, procurant du plaisir comme le décrit Sophie (Cf.article « La femme sodomisée »). Un rapport violent, proche du SM, où le but est d’infliger ou de ressentir de la douleur ». Franck relate ici un scénario SM sur demande ou acception de la femme: « Si c’est la femme qui le demande dans la réalité, on est souvent dans un fantasme de soumission par viol anal, reprend le sexologue. « Si c’est l’homme qui le demande – ce qui est le cas ici – il s’agit d’un fantasme sadique. Il veut faire mal et posséder cette femme tout simplement parce qu’elle pourrait le lui refuser ».

1. Prénom changé à la demande de l’intéressé

2. Erick Dietrich est médecin et auteur du livre Les fantasmes aux Editions de la Louvière.

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