La sexualité des seniors…

Contrairement aux idées reçues, le désir ne s’éteint pas avec l’âge, et l’intérêt pour la sexualité est toujours bien présent chez les seniors. Nécessitant quelques adaptations, la poursuite d’une vie sexuelle, lorsqu’elle est vécue de façon harmonieuse, participe en effet au bon état de santé de tout individu, et contribue à sauvegarder son équilibre et son dynamisme.

S’adapter aux changements physiologiques

Dès lors que l’on évoque la sexualité des seniors, la ménopause chez les femmes est souvent évoquée pour justifier la baisse de désir. Certes la carence en hormones féminines a des conséquences physiologiques (dessèchement des muqueuses, manque de lubrification au moment des rapports), mais ces carences peuvent aujourd’hui être traitées par des traitements hormonaux substitutifs. Par ailleurs,  » la libido et la capacité orgasmique peuvent aussi se maintenir, voire s’accroître (…), souligne le Dr Gérard Leleu . C’est la prépondérance de la testostérone, hormone aphrodisiaque secrétée par les glandes surrénales, qui provoque le miracle « . Chez les hommes, c’est l’andropause qui est souvent montrée du doigt pour expliquer une diminution de la libido.  » Pourtant, celle-ci n’est absolument pas l’équivalent masculin de la ménopause, souligne la sexologue Sylvie Rochefort. Dès l’âge de cinquante ans, l’homme a en réalité besoin de plus de stimulations pour avoir un rapport sexuel. Son érection est en effet moins instantanée, moins rigide « . Des modifications variables selon les individus mais qui ne doivent pas appauvrir la sexualité.  » Passé un certain âge, la sexualité n’est en effet plus automatique, elle demande à être plus élaborée, plus pensée et, loin de les affaiblir, cela enrichit les relations du couple « , remarque Sylvie Rochefort.

Surmonter les perturbations psychologiques

Le plus souvent, la sexualité des seniors est perturbée par plusieurs facteurs.  » Tout d’abord l’usure. La routine s’installe inévitablement avec le temps, entraînant des rapports sexuels de plus en plus espacés « , indique la sexologue. Viennent ensuite les doutes sur sa capacité de séduction.  » Les femmes préfèrent alors renoncer à une activité qui, disent-elles, n’est plus de leur âge, alors même qu’elles ressentent encore du désir. Décision renforcée par le regard de la société pour qui la sexualité des seniors reste encore tabou. De nombreux hommes, dont l’érection est moins sûre qu’auparavant, souffrent quant à eux d’anxiété de performance. Ils préfèrent s’abstenir plutôt que de risquer de subir une panne sexuelle « , analyse Sylvie Rochefort.

Redécouvrir une nouvelle sexualité

Lorsque la routine apparaît et que le manque d’enthousiasme se fait ressentir, il est nécessaire de se séduire à nouveau, de trouver de nouveaux repères.  » Il faut savoir favoriser des moments de complicité, créer de la surprise, se redécouvrir.

En ce qui concerne directement la sexualité, une importance plus grande devra être accordée aux « préliminaires ». Le coït n’est pas le seul moyen d’exprimer sa sensualité et son amour pour l’autre « , remarque Sylvie Rochefort. Confier ses doutes à son partenaire renforce la complicité et permet de trouver ensemble de nouveaux ajustements.

En savoir plus:

– La sexualité, Jacques WAYNBERG et Noëlla JAROUSSE, éd. Le livre de Poche

– Le sexe de l’homme, Ronald VIRAG, éd. Albin Michel

– L’univers masculin, Sylvain MIMOUN et Elisabeth CHAUSSIN, éd. du Seuil

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