Un exemple d’application d’équithérapie: association

Entretien avec Isabelle Jacquelin de l’association « l’enfant bleu, enfance maltraitée », notamment au niveau des sévices sexuels…
Isabelle Jacquelin nous explique pourquoi elle a proposé l’équithérapie à ces enfants, et ce que cela peut leur apporter…

Isabelle Jacquelin, vous travaillez au sein de l’association  » l’enfant bleu, enfance maltraitée « , association en faveur des enfants victimes de sévices sexuels ; pourriez-vous nous dire ce qui vous a amené à pratiquer l’équithérapie dans le cadre du soutien aux enfants abusés sexuellement ?

Il s’agit à la base d’une approche que j’aime beaucoup et que je pratique déjà avec des enfants handicapés.

Ce qui est important en équithérapie, c’est qu’il y un tiers entre l’enfant et moi.

Les enfants avec qui nous travaillons ont été trahis par les adultes. Il en résulte un problème de confiance. La relation proche est difficile, le corps difficilement vécu. Avec le cheval, on peut justement travailler le corps et cela permet à l’enfant de se réassurer, d’avoir confiance en lui en s’autorisant à se re-découvrir.

Nous travaillons majoritairement avec des enfants victimes de sévices sexuels. Dans la relation à l’agresseur, il y a beaucoup de choses faussées. Ce dernier s’y prend de façon sournoise, et l’enfant est pris dans une confusion et ne voit pas la chose arriver. Il y a alors beaucoup de culpabilité.

Nous essayons de re-travailler tout cela dans la relation avec l’animal, sans culpabiliser.

Souvent, les enfants qui vivent ce genre d’évènements vont tout faire pour se couper de leur sensations, de leur vécu corporel. La relation à l’animal permet de se réapproprier tout cela.

Qu’il n’y ait plus de clivage entre le corps et l’esprit. Essayer de recoller ces deux morceaux, même si cela engendre pour un temps de la souffrance.

Tous les enfants de l’association font-ils de l’équithérapie?

Non. Je commence par regarder s’il y a une motivation quand je leur en parle, quand je leur présente cette possibilité. En somme, je leur ouvre une porte : ils entrent ou ils n’entrent pas dans cet espace…

Un parent les accompagne, mais n’assiste pas à la séance.

Les enfants voient avec Jean-Luc Aniorte ( responsable du centre d’équithérapie « Les poneys d’enfer ») comment vont les chevaux, lesquels ils peuvent monter etc…

De plus, comme Jean Luc est là pendant la séance, ça permet aux enfants d’avoir une autre image de l’homme…

Jean-Luc Aniorte avait souligné lors de notre entretien que le cheval est le seul animal que l’on monte, qu’il y a une symbolique sexuelle évidente : on a quelque chose entre les jambes…

La première idée que j’avais, c’était par rapport à cette position justement: vu qu’il s’agissait du lieu où il y avait eu les agressions, c’était une façon de réinvestir cette partie du corps d’une autre façon.

Parfois, les enfants projettent quelques fantasmes à teneur sexuelle, mais l’animal, à la base, ne véhicule pas de désir envers l’enfant. L’animal n’exprime pas ça. L’enfant peut donc faire l’expérience d’une relation saine, sans ambiguïté sur le plan de la sexualité.

Il y a aussi des éléments intéressants au niveau de la loi, de la passivité: être actif, passif, ceci se joue sans arrêt dans la séance. L’enfant va essayer de dominer en étant très sévère, parfois agressif, se rend compte que cela ne marche pas. Ils trouvent donc un autre moyen de communiquer. D’autres au contraire vont être passifs. On essaye donc de travailler le juste milieu. Ce sont des enfants qui sont souvent dans les extrêmes : inhibition ou instabilité par exemple, hyper maturité ou régression… De plus, en équithérapie, l’enfant est sollicité au niveau de nombre de ses sens : odorat, ouïe, toucher… Cela l’aide à s’ancrer dans la réalité et dans la sensation…

L’enfant bleu, enfance maltraitée

86/90 rue Victor Hugo, 93170 Bagnolet.

tél: 01.55.86.17.57

fax: 01.55.86.17.58

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *