Tics et bégaiement: des troubles de l’enfance à surveiller!

Tics et bégaiement

Devant un enfant qui bégaie ou qui a des tics, les parents se sentent souvent démunis. Interrogations et culpabilité se mélangent, les conduisant parfois à vouloir à tout prix « corriger et effacer » ces troubles trop voyants. Mais toutes les méthodes ne sont pas bonnes à prendre, car faire disparaître le symptôme ne fait pas obligatoirement disparaître ce qui l’a causé…

Définition

Les tics sont « des mouvements involontaires, brusques et soudains, rapides et répétés. Ils n’ont pas d’utilité » expliquait Serge Lebovici. Ils peuvent prendre des formes variées: clignement des yeux, haussement d’épaules, mouvements des mains ou des pieds, bruit de gorge, reniflement, etc.

Le bégaiement est un trouble de la communication, qui se traduit par une difficulté du langage parlé: perte de la fluidité de la parole, hésitation, troubles du rythme, etc. Le bégaiement tonique se caractérise par des blocages au début ou en cours de phrase. Le bégaiement clonique consiste en la répétition d’une syllabe ou d’un groupe de syllabes.

Population à risque

Le bégaiement et les tics sont « des troubles habituellement diagnostiqués pendant la première enfance, deuxième enfance ou à l’adolescence », selon le mini DSM-IV. Le bégaiement touche environ un enfant sur vingt, plus souvent les garçons. Généralement, il s’agit d’une phase transitoire où l’enfant s’énerve, veut parler aussi vite et bien que les adultes qui l’entourent, ce qui le fait buter sur les mots. Il arrive aussi que les parents soient trop exigeants, ce qui angoisse l’enfant, ou encore que le bégaiement exprime une ambiance familiale tendue. On parle alors de facteurs favorisants. Les facteurs déclenchant consistent en des événements ponctuels ressentis douloureusement par l’enfant: déménagement, arrivée d’un autre enfant, changement d’école etc.

Les tics se mettent eux en place vers 6-8 ans, ou à la puberté, et touchent également plus fréquemment les garçons. On estime qu’ils concernent surtout les sujets anxieux, ou évoluant dans une situation familiale tendue.

Evolution et traitement

Dans le cas du bégaiement chez un jeune enfant, on attend généralement que le trouble dure plus de six mois, ou persiste après l’âge de 5-6 ans, avant de faire un bilan orthophonique. Le plus souvent, le bégaiement va s’estomper puis disparaître. Mais il ne faut pas pour autant ignorer, ou sous-évaluer, un trouble encore transitoire, sous peine de risquer qu’il ne s’installe. Si le trouble se confirme, on peut envisager un traitement orthophonique, basé sur un mode relationnel et ludique, assorti d’un soutien psychologique.

Le tic, quant à lui « est à entendre non pas de manière isolée mais comme un signe secondaire révélant une problématique psychique. On observe que chaque fois que l’on traite isolément ce symptôme, on obtient une forme de déplacement, c’est-à-dire que la problématique non dénouée cherche à s’exprimer par un autre canal », souligne Jean-Pierre Royol, psychologue clinicien à Arles. « C’est le même principe que l’on retrouve avec les affections dermatopsychiques comme l’eczéma qui, combattu, se déplace souvent vers l’asthme. Le message inconscient cherchera toujours à s’exprimer malgré les barrages. Le tic est un clignotant, un témoin, qui signe la présence d’un indicible. C’est donc, évidemment, une thérapie analytique qui est le plus adaptée et qui donne les meilleurs résultats ».

Le syndrome Gilles de la Tourette

Le S.G.T. est une affection neurologique qui touche environ 20 000 personnes en France. Ce syndrome apparaît avant 18 ans, avec les symptômes suivants:

– Existence de tics moteurs: mouvements de tête, des épaules, ou d’un membre, grimaces, clignements des yeux, répétition de gestes.

– Tics vocaux: bruits involontaires, cris, reniflements, raclements de gorge, écholalie (répétition de ce que d’autres personnes viennent de dire), coprolalie (mots orduriers, obscènes)

– Les symptômes vont et viennent, avec des périodes intenses ou calmes (alternances).

– Ils changent aussi avec le temps

– La perturbation entraîne une souffrance marquée ou une altération significative du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants

La cause exacte de cette maladie n’est pas encore connue. Elle ne se guérit pas, mais il existe des périodes de rémission. Les médicaments sont utilisés lorsque les tics deviennent invalidants. Un soutien psychologique du patient et de sa famille aide à aborder les problèmes sociaux associés au syndrome Gilles de la Tourette.

En savoir plus

– Les comptines pour délier les langues à noeuds, ne pas bredouiller et garder la cadence, Pierre Coran et Gabrielle Lefebvre, éd. Casterman (1996).

– Le bégaiement, option guérison, Dr François La Huche, éd. Albin Michel

http://www.afsgt-tourette-france.org/: le site de l’association française du syndrome Gilles de la Tourette, avec des éléments d’information, des témoignages, la vie de l’association (bulletins, assemblées…), des liens avec d’autres sites.

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