Echographie: l’examen magique!

Même si l’examen s’est banalisé, l’échographie reste aujourd’hui encore un examen à part du suivi de la grossesse, en ce sens qu’il donne des informations sur « ce mystère » qui est caché à l’intérieur. Les progrès techniques et les connaissances des échographistes ont considérablement évolué depuis une vingtaine d’années, rendant les parents plus « exigeants » et conférant une lourde responsabilité aux praticiens.

« Quand j’ai commencé à faire de l’échographie, je me suis dit que je ne pourrais jamais en faire mon métier, qu’on ne voyait rien, que ce n’était que de l’imagination! C’est un métier très visuel et la pratique aiguise notre regard ».Sylvie Le Besnerais est gynécologue obstétricien et échographiste aux Bluets, légendaire maternité parisienne.

Depuis près de 20 ans, elle se passionne pour cet examen un peu « magique » du suivi de la grossesse: « C’est vraiment la rencontre avec le bébé. Mais ce n’est pas toujours facile de pouvoir parler tranquillement avec les parents. Beaucoup de choses se jouent, les gens sont angoissés, agressifs parfois dans la crainte qu’on leur cache quelque chose… On doit se montrer très attentif, aux mots que l’on emploie ». Pour ce premier rendez-vous visuel avec leur bébé, la praticienne invite donc les parents à « entrer » dans l’image: « On se relie d’ abord au ventre de la maman, à ses perceptions. Puis on va voir le bébé.

Certains parents ont d’emblée une bonne vision de l’espace, il faut même être prudent si ils ont demandé à ne pas connaître le sexe! D’autres démissionnent en avouant leur incompréhension , mais en gardant les yeux rivés à l’écran! Et soudain ils s’exclament: tiens c’est son nez, t’as vu c’est sa bouche… même si en fait ce n’est pas du tout ça! Mais je ne les détrompe pas toujours … ». Sylvie Le Besnerais témoigne de son plaisir: « Ce qui m’amuse, c’est de pouvoir parler à bâtons rompus du foetus avec les parents. Leur montrer ce que l’échographie permet de voir, la dimension intime du mouvement d’ordinaire réservée à la mère, mais aussi ce qu’elle ne perçoit pas: le bébé bouge même quand on ne le sent pas, fait pipi dans le liquide… ».

Le médecin distille ses explications, répète que l’image échographique est une image en coupe, qu’elle permet de voir la surface mais aussi l’intérieur du bébé, ses organes, ce dont les gens s’étonnent souvent. Prudente, elle ne commente que ce qu’elle voit: « Les gens ont besoin de savoir si tout est normal. Je vois le cerveau, les yeux, mais je ne sais pas si ils fonctionnent. Quand on veut me faire dire que tout est parfait, je me défend en disant que tout ce que l’on peut voir, avec l’appareillage que l’on a et ce qu’il nous montre, est normal ».

Parfois, l’annonce de la mauvaise nouvelle…

L’annonce d’une « anomalie » se passe toujours très mal. « En général, les parents pressentent qu’il y a un souci parce qu’une tension se crée. Je cesse de parler, la sonde passe et repasse sur le même organe… Je leur parle alors de ce que l’on voit: parfois c’est assez net, parfois on ne voit pas bien. Selon ma certitude, je suis plus ou moins complète dans mes termes. J’ai travaillé ma façon d’annoncer ces mauvaises nouvelles. C’est salutaire pour moi aussi. Avec l’expérience, j’ai aussi remarqué qu’il y avait un pannel de réactions et en fonction de ce que j’appréhende, je peux m’adresser différement aux personnes ».

Au delà du choc de l’annonce, Sylvie Le Besnerais propose ensuite -très rapidement- une seconde échographie dans un « centre de référence », et des examens plus précis avant d’établir un pronostic.3 échographies- remboursées mais non obligatoires- ponctuent les 3 trimestres de grossesseUn acte dont la technique a formidablement évolué depuis 20 ans, mais qui demande un grand soin et une rigueur professionnelle: « En médico-légal, de nombreux procès actuellement concernent les praticiens en échographie, souligne Sylvie Le Besnerais. Je crois qu’il faut défendre l’échographie de qualité.

Bannir les « petites echographies », pour dépanner, de début ou de fin de grossesse sur un appareil qui donne juste la vitalité cardiaque et peu de renseignements. S’appliquer à tout vérifier, prendre les mesures, rédiger un compte rendu et ne pas s’exposer à passer à côté d’un diagnostic. « On ne peut pas me demander de faire des diagnostics de haut niveau en faisant appel à une connaissance qu’apportent les équipes pluridisciplinaires mais l’on ne peut me reprocher de ne pas avoir cherché à tout voir ».

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