L’allaitement, un rituel de bien-être pour maman et bébé

Nourrir son enfant au sein peut devenir une des expériences les plus gratifiantes de la féminité, dans le prolongement de la grossesse. Quant au bébé, il nage alors dans le bonheur…

« Lorsqu’une femme choisit d’allaiter et que tout se passe bien, elle en tire généralement une grande force affective et émotionnelle », affirme Marie-Dominique Linder, psychothérapeute et psychanalyste en périnatalité. En nourrissant son enfant par son corps, elle devient source de vie en direct, ce qui prolonge encore pendant quelque temps l’état qu’elle a connu pendant la grossesse. « Le sentiment de vide éprouvé dans son ventre suite à l’accouchement est atténué par la plénitude des seins. Le cordon ombilical qui a nourri le foetus pendant neuf mois passe le relais au « cordon lacté », permettant ainsi de prolonger le dialogue établi pendant la grossesse entre la mère et l’enfant ». La transition est plus douce et l’allaitement maternel atténue bien souvent les risques de déprime post-accouchement.

Le sein, un anti-stress naturel

Biologiquement, les seins sont programmés pour allaiter. Et comme on le sait, la tête et le corps sont intimement liés. « Au moment de la tétée, poursuit la spécialiste, le cerveau libère des hormones appelées « endorphines », aux vertus calmantes, euphorisantes et soporifiques. Elles aident ainsi la mère à réagir et à s’adapter au stress de la maternité, à mieux faire face au grand chamboulement affectif et physique qui suit une naissance. Cette fragilité post-accouchement explique aussi pourquoi les petits « pépins » de l’allaitement (manque de lait réel ou imaginé, engorgement, douleur…) sont souvent aussi mal vécus. Il est alors essentiel que la mère soit soutenue par le conjoint et bien conseillée pour que tout se passe bien ». Le bébé, quant à lui, tète le meilleur lait qui soit, le plus adapté d’un point de vue nutritionnel et immunitaire. Mais il tète aussi le plaisir et le bien-être. « L’allaitement maternel est une nourriture physique mais aussi affective, explique M.D. Linder. C’est un échange, un langage, un dialogue des sens entre la mère et l’enfant ». Les cinq sens se trouvent stimulés: l’odorat, ainsi un nourrisson allaité reconnaît dès l’âge de deux jours l’odeur de sa mère sur un vêtement ; le toucher par le contact peau à peau pendant la tétée ; l’ouïe par les petits sons gutturaux émis par le bébé en tétant ; le goût car le lait maternel en change en permanence en fonction de ce qu’elle a mangé ; la vue enfin, dans l’échange des regards entre le nourrisson et sa maman.

Téter le plaisir

Téter au sein implique des mouvements de bouche et de langue très complexes de la part du tout-petit, qui stimule ainsi la sécrétion lactée. En fonction de l’intensité de sa succion et de la façon dont il stimule le sein, la composition du lait varie, plus ou moins riche en eau ou en graisse selon les besoins de l’enfant. Or, les premiers plaisirs du nouveau-né passent par la bouche et plus ceux-ci seront diversifiés et riches, mieux se fera le développement psycho-affectif de l’enfant. « L’allaitement naturel suscite l’éveil des sens et du plaisir. Ces sensations positives vont donner au bébé la confiance en lui qui formera la base de la relation à l’autre ». Sans oublier que le sein est un formidable consolateur, un objet d’apaisement sans équivalent pour le bébé qui y trouve refuge et réconfort. Une tétée prolongée engendre ainsi un état de relaxation profonde chez l’enfant, propice à son sommeil, à son bien-être et à son épanouissement.

En savoir plus:

A lire:

– L’allaitement de mon enfant, M.D. Linder et C. Maupas, éd. Hachette.

– L’allaitement, Dr Marie Thirion, éd. Albin Michel.

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