Le désir, une histoire de tendresse

Le désir dans un couple

Dans un couple, le désir est-il amené à disparaître avec les années ? Pas si sûr… A condition de redoubler de complicité… inexistante sans tendresse. Une tendresse qu’il est nécessaire d’apprivoiser, nous explique le sexologue Gérard Leleu.

Le point avec notre expert et les  » tendres  » témoignages de couples qui cultivent le désir, au quotidien.

Le désir : entre affection et communication

40 % des consultations en sexologie portent sur les troubles du désir. Parce que trop de couples se laissent miner par la routine sexuelle et relationnelle, selon le Dr Gérard Leleu, médecin et sexologue. L’usure n’est pas pour autant une fatalité. Les ingrédients pour l’alimenter : la communication… et la tendresse.

Affection, dialogue, complicité

 » Le lien se renforce et le désir s’éteint « , écrit Boris Cyrulnik, neurologue et psychiatre . Pourtant, si certains couples épuisent leur désir en un an, d’autres continuent de se désirer ardemment après des années de vie commune. Parce qu’ils ont compris que le désir est une petite flamme fragile et que, comme les sentiments, il s’entretient. Son alchimie semble mystérieuse, et pourtant, ses nombreux composants sont connus. Les principaux : créativité, autonomie, communication, tendresse.

 » Ne plus communiquer et faire toujours l’amour de la même façon, voilà les deux « tue-désir » les plus redoutables « , explique Gérard Leleu . Sans affection, sans dialogue, pas de complicité ni de désir.  » Comment s’abandonner à quelqu’un quand on est incompris ? Le conjoint ne peut pas être tyran à midi et galant à minuit « . Et la tendresse est étroitement liée à la communication : elle n’apparaît que si on s’est senti entendu, compris, soutenu, rassuré, sécurisé. Cette communication non verbale, qui passe par le regard et le toucher, revient à enlever sa carapace. Impossible de la laisser glisser au sol quand on reste sur la défensive.

La porte du désir

La tendresse serait un amplificateur du désir.  » Beaucoup de personnes observent qu’elle le fait naître. Si une femme fatiguée ou irritée n’a pas envie de faire l’amour, un geste tendre la fera fondre. Les préludes ne servent pas seulement de préparation technique, ils permettent aussi de montrer sa tendresse « . La conjonction des deux éléments entraîne la stimulation. Hélas, la tendresse est féminine et, malgré une évolution notable, il reste des hommes rétifs à s’y abandonner.

La faute à 4000 ans de civilisation machiste, qui a refoulé leur part de féminité :  » L’homme ne devait pas montrer ses émotions, mais être dur, insensible. Il prouvait sa virilité en sautant sur la femme comme un coq. Dévoiler sa tendresse était interdit, voire puni. Mais s’il permet à cette partie amputée de se manifester, elle ressurgit « . Au sein de nombreux couples, beaucoup de difficultés sexuelles seraient ainsi évitées si les conjoints laissaient leur tendresse s’exprimer.  » L’homme aussi en a besoin pour alimenter ou retrouver son désir. Elle peut l’apaiser, le rassurer.

La tendresse, c’est la porte du désir « .

 

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