Mère et fille: d’une génération à l’autre, jalousie et séduction

La marâtre de Blanche-Neige aurait voulu être, pour toujours, la plus belle. Mais lorsque son miroir lui apprit que c’était précisément sa (belle) fille qui l’avait surpassée en beauté, sa jalousie n’eut plus de limite, et elle n’eut qu’un désir: éliminer sa rivale! Qu’en est-il donc de la jalousie entre parent et enfant ? Comment vieillir et continuer à plaire sans être en concurrence avec sa fille?

Mère, fille, et séduction

Cela commence par un shopping en commun: la fille aide sa mère à choisir ce qui lui va le mieux, rajeunit son look… Puis l’on échange les vêtements, on pioche dans l’armoire de l’autre. Jusque là, tout va bien. Et puis, un jour, c’est le dérapage: en (re)tombant amoureuse, la mère  » trahit  » l’entente tacite entre elle et sa fille, à moins que celle-ci, parce qu’elle sort avec un garçon, devienne  » traître  » à son tour. Dès lors, la complicité initiale se transforme en guerre ouverte. Rivales l’une de l’autre, chacune réagit comme si la capacité de séduire de l’autre lui portait préjudice!

Mise en concurrence

Dans les familles éclatées, si fréquentes aujourd’hui, il peut arriver que le beau-père soit attiré par la fille de sa compagne: au choc que représente cette transgression quasi-oedipienne, s’ajoute la flatterie narcissique :  » Je suis plus aimable que ma mère « . Pour la jeune fille, il devient impossible de trouver sa place: agressive vis à vis de sa mère elle lui reproche le partenaire qu’elle s’est choisie. Il arrive aussi qu’une mère cherche à séduire les copains de sa fille : une façon de se rassurer, au détriment de son enfant, en prouvant qu’elle est encore attirante.

Jalousie inter-générations

Bien entendu, se laisser dominer par la jalousie ne peut mener qu’à l’échec affectif, à quelque âge que ce soit. Une mère doit comprendre que sa vie de femme n’est pas remise en question par celle de sa fille ; de même, une fille doit reconnaître la femme derrière la génitrice. Aucune des deux n’est menacée par l’épanouissement sexuel de l’autre, bien au contraire.

Une image fusionnelle de la filiation

Alors, pourquoi une telle dérive des relations filiales ? Peut-être parce que parents comme enfants rêvent de maintenir entre eux un lien fusionnel de dépendance, celui de l’enfance. L’amour sexualisé, qui se substitue à l’amour filial, réactive l’angoisse oedipienne et le désir de  » tuer  » symboliquement le parent du même sexe. Dans ce mouvement irréversible, chacun prend la mesure du temps qui passe et se voit rappeler la finitude de sa vie.

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