Beau-père d’une famille recomposée: intrus ou allié ?

Il semble que le statut de beau-père se vive mieux que celui de belle-mère. Parce que, disent les psys, la mère et les enfants attendent moins de lui qu’il s’investisse activement dans l’éducation des enfants.

Le « tiers séparateur »

Le beau-père vient « séparer » symboliquement la mère de ses enfants. « A priori il n’est pas là pour aimer les enfants ou être aimé des enfants, mais pour aimer la mère et, de facto, l’empêcher de n’aimer que ses enfants », écrit Danièle Laufer dans son livre Traité de savoir vivre à l’usage des familles recomposées(éd.Calmann-Lévy). « Après mon arrivée, Quentin (5 ans) nous a réveillé toutes les nuits pendant trois mois, raconte Patrice, 39 ans, son beau-père. Sa mère allait lui faire un câlin. Un jour, j’ai craqué et je lui ai dit calmement mais très fermement: « Quentin, ta maman a besoin de dormir, j’ai besoin de dormir et tu as besoin de dormir. Ta place n’est pas ici, elle est dans ton lit. C’est fini, je ne veux plus que tu nous réveilles la nuit ». Je l’ai raccompagné dans sa chambre. Depuis, il ne nous a plus réveillé. Je pense qu’il a senti ma détermination et qu’il avait besoin que je pose cette limite ». Cela ne l’empêche pas le beau-père, lorsqu’il est lui-même père, de vivre parfois un déchirement. « Je m’occupe d’un enfant qui n’est pas le mien, alors que mes deux fils sont chez leur mère. C’est très douloureux à vivre. J’ai le sentiment de les trahir », ajoute Patrice, également père de deux garçons de 7 et 4 ans.

Autorité et complicité

Présent au quotidien, c’est sur le terrain de l’autorité qu’il est interpellé: « tu n’es pas mon père, tu n’as rien à me dire ! ». La tentation peut être grande de laisser faire, et jouer l’indifférence ou au contraire d’affirmer son autorité de manière trop forte. Le beau-père devra trouver la juste autorité, celle de celui qui sait se faire respecter, ose s’affirmer, contient l’enfant en posant un cadre clair et non celle qui cherche à le faire « plier » , pour lui démontrer qu’il est le plus fort. « C’est vrai que je ne suis pas ton père, mais si je l’étais, j’aimerais que tu te comportes de cette façon », suggèrent de répondre Claire Garbar et Francis Theodore, dans leur livre Les familles mosaïque(éd. Nathan). « Cela permet à l’enfant de réaliser qu’obéir à ce beau-parent ne fait pas disparaître le parent géniteur ». Il y parviendra s’il réussit à nouer une relation de complicité avec l’enfant. Matheux, il l’aidera à faire ses devoirs, passionné de foot, il l’emmènera faire une partie le week-end…

« Ce qui est partagé, vécu avec un enfant compte autant, si ce n’est plus, que ce qu’on lui dit », estiment Claire Garbar et Francis Théodore.

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