La thérapie en groupe

Choisir une thérapie par psychodrame signifie avant tout que l’on accepte de travailler en groupe.

« En séance de psychodrame, on n’est pas seul à être pris en compte, souligne Ophélia Avron, psychologue et psychanalyste (1). Les autres personnes sont là avec leur présence physique et psychique. Vous êtes au milieu du groupe, avec vos problèmes, il faut savoir aussi écouter ceux des autres. S’arrêter pour laisser la place à quelqu’un qui peut vous apporter quelque chose aussi. C’est une technique tout à fait différente de l’analyse individuelle et qui n’est pas superposable. On peut avoir le désir d’une intimité avec l’analyste, continuer à être soutenu tout seul et on serait alors incapable de fonctionner en groupe. A d’autres moments on peut être prêt à entendre que l’autre, souffrant, peut vous apporter autant que l’analyste qui est là, « à votre service « … ».

Relais à d’autres tentatives thérapeutiques en échec, antichambre d’une thérapie analytique, ou mise en lumière des raisons de l’échec de celle-ci, le psychodrame profite de tous les bénéfices communs à toutes les thérapies de groupes:  » Dans les thérapies individuelles, il est parfois difficile de débusquer tout ce qui est d’ordre inconscient, ce qui vient parasiter l’activité de l’individu, sa pensée…, analyse Jacqueline Falguière, également psychologue et psychanalyste. Ecouter d’autres parler de leurs expériences peut ouvrir des portes et permettre à certains patients d’accéder à une activité de pensée qui conduit aux sources inconscientes des conflits. Quand un groupe mûrit, on peut dire les choses même si l’on sait que cela va provoquer un conflit ou quelque chose de difficile. C’est un apprentissage. En groupe cela s’acquiert plus facilement car l’on voit mieux en l’autre ce que l’on a aussi en soi ».

(1) Ophélia Avron, a enseigné le psychodrame à Paris VII. Elle est aussi ex présidente de la Société de psychothérapie psychanalytique de groupe.

(2) Jacqueline Falguière travaille au sein de l’Institut français d’analyse de groupe et de psychodrame fondé en 1955 dans le but de former des psychodramatistes et des analystes de groupe.

Elle est aussi secrétaire scientifique de la Société française de psychothérapie psychanalytique de groupe et co-rédactrice en chef de la Revue psychanalytique de groupe.