Bouc émissaire : le vilain petit « connard »

Personne ne l’aime, il (elle) se fait vanner dès qu’il (elle) ouve la bouche, dès qu’il (elle) bouge le petit doigt. Comment devient-on la victime d’un groupe ? Pourquoi exclut-on un des siens et en fait-on un souf-fre-douleur ? Quelques explications.

C’est « trop marrant »

Laurent est surnommé « Babe », comme le cochon du film, parce que ceux de sa classe le trouvent trop gros ! Wassila travaille trop bien : elle, on la traite de « cafard » ! Qu’il soit bouc, canard, cochon ou cafard, le souffre-douleur porte toujours en lui quelque chose qui ne plaît pas au groupe : des boutons sur le visage, un comportement de chochotte, un corps galbé comme une allumette ou comme un tonneau, un air d’intello genre tête à claques ou encore un look tout naze… Le pire, c’est qu’à en croire le groupe, on dirait que ça lui plaît au souffre-douleur d’être malmené. Selon eux, les moqueries, il en a jamais assez. La preuve ? Il retourne toujours vers ceux qui le vannent ! « C’est pas qu’on lui en veuille plus qu’à un autre, mais c’est trop marrant de voir comment il démarre au quart de tour : il pleure, il fait la gueule… un vrai bouffon, quoi », explique Dorian, 18 ans, élève en première dans un lycée de banlieue parisienne.

Pourquoi le groupe a-t-il besoin d’une victime ?

Avez-vous remarqué à quel point l’agressivité peut grandir quand on s’acharne sur quelqu’un qui n’est pas comme nous ? En réalité, nous avons tous de la violence en nous, violence qui ne demande qu’à s’exprimer et comme c’est pratique de se défouler sur plus faible que soi! En les critiquant, on se convaint que le prof est nul, que Laurent est stupide mais surtout on se croit beaucoup plus fort et l’on évite totalement de se remettre en question… En groupe, c’est pire: en désignant un « coupable » ou une « tête de Turc », le groupe se soude davantage et trouve une raison de plus de rire ensemble.

Des solutions pour s’en sortir !

Tant que le souffre-douleur cherche à se faire tout petit, en s’excusant de ce qu’il est, il se plante: il y a toujours quelqu’un pour se rappeler de son existence et la lui faire payer. Si vous êtes victime, affirmez vous, apprenez à répondre, à envoyer balader vos agresseurs pour vous faire respecter. Sachez détecter ce que les autres n’aiment pas en vous pour vous modifier. Posez vous toujours une question; pourquoi est ce que j’accepte qu’on me critique et qu’on se moque de moi? Peut être n’avez vous pas assez confiance en vous, et pensez que vous ne méritez pas mieux que ce cruel traitement. Si vos agresseurs ne rencontrent plus que sourire, indifférence, ou rébellion, ils changeront bien vite de tactique puis de victime !