Si vous aviez le choix, que feriez-vous pour modifier votre apparence ?
Corinne, 45 ans , Le Faouët - Morbihan (56)
Je suis sa maman
Je fais actuellement face à de gros problèmes avec ma belle-fille âgée de 15 ans. Je suis avec son père depuis maintenant 8 ans et elle n’accepte toujours pas ma présence. Ses parents se sont séparés quand elle avait 3 ans. Très sensible, elle a eu beaucoup de mal à accepter cette situation.
Au début de notre relation, je m’occupais des filles – celle de 15 ans et sa petite sœur – occasionnellement : pour une soirée ou juste après l'école, par exemple. Durant un an, j’ai eu mes deux belles-filles à charge, à temps complet. Nos relations étaient très changeantes, avec la plus grande. Parfois elle me répondait « T’es pas ma mère ! » quand je lui demandais de faire ses devoirs. A d'autres moments elle m’insultait carrément. Un jour je lui ai mis une gifle parce qu’elle m’avait traité de « connasse ».
J'aurais pu ne pas réagir ainsi, mais je crois que cela aurait été trop permissif et que la solution n'est pas de lui laisser dire ou faire ce qu’elle veut. Elle a su dès le début me faire savoir qu'elle ne voulait pas de moi dans sa vie en me disant qu'elle voulait que ses parents se remettent ensemble et ceci devant son père… Nous l’avons emmené voir une psychologue, avec son consentement, pour essayer de changer son comportement envers moi et à l'école, où elle avait quelques difficultés. Mais au bout de deux séances, elle n’a plus voulu y retourner.
Ensuite, elles sont parties vivre à l’étranger avec leur mère, durant un an. Mais désireuses de venir nous rejoindre, elles sont rentrées en France pour s’installer avec nous, leur mère étant restée à l’étranger. A ce moment-là, nous avons établi des relations « mère-fille » plutôt bonnes, même si leur père qui était souvent absent à cause de son travail de cafetier, me laissait diriger la maison et élever les filles sans vraiment s’en occuper.
Lorsque leur mère est rentrée, un changement total s’est opéré. Je n’avais plus du tout le droit de m’occuper d’elles, leur mère ayant pris « le relais ». Je devais donc m’effacer totalement de leurs vies, et la relation que nous avions établie, tant affectueusement que moralement, a disparu avec…
Les filles l’ont très mal vécu également : disputes incessantes avec leur mère ; leur père ne voulant toujours pas prendre ses responsabilités envers elles, son comportement est certainement dû à la culpabilité très grande qu’il cultive depuis sa séparation avec leur mère.
Après quelques temps, la grande a plongé dans l’anorexie et malgré les anti-dépresseurs et un suivi psychologique, sa situation s'est dégradée de jour en jour. Je ne supportais pas de voir ce climat de tension. J’ai donc décidé de prendre contact avec leur mère et d’établir une relation acceptable avec elle. Cela a plutôt bien fonctionné, nous nous entendions bien et cela a dû aider sa fille puisque son mal-être commençait à se dissiper et le dialogue s’ouvrait. Malgré cela, je sentais que je n’étais pas à ma place, aux vues de ses réflexions, de sa façon de me parler, de me rabaisser…. « Tu n’en sais rien, toi ! » me lançait-elle. Ces petits pics m’ont fait beaucoup de mal et après huit ans de vie commune, je ne trouvais toujours pas ma place aux côtés de leur père… Lui ne veut pas « se prendre la tête » avec ses filles et préfère laisser faire.
Lorsque je m’occupais d’elles, je devais faire attention aux moindres choses que je disais à la grande, de peur qu’elle ne le prenne mal. Un jour, après lui avoir demandé quelque chose, elle m’a répété avec insistance que je n’étais « ni son père, ni sa mère » et là je n’ai pu m’empêcher de lui mettre une gifle. J'en avais marre de m'occuper de cette enfant ingrate, alors que j’étais la seule personne vraiment présente pour elle à ce moment-là !
Son problème anorexie a fini par disparaître mais elle est désormais dans une phase boulimique. Elle refuse tout suivi psychologique, qui d’après elle, ne sert à rien. C’est une jeune fille très révoltée et très négative. Elle tient en plus des discours très noirs à sa sœur de 6 ans. Voilà pourquoi je me suis fâchée et lui ai interdit de parler comme cela à sa petite sœur. Je lui ai dit tout ceci devant son père qui ne disait rien !
Il y a peu de temps, sa colère s’est intensifiée à mon égard. Elle me dit que je la « fais chier », qu’elle ne « m’aime pas », qu’elle ne me « supporte pas », qu’elle ne veut pas venir en vacances avec nous parce que je suis là et que ça l’énerve que sa mère et moi nous entendions bien.
Je sais que parler à un enfant qui n’est pas le sien peut être un véritable casse-tête et qu’il faut faire attention à ce que l’on dit… Mais là, c’est trop ! Je ne peux rien lui dire ou lui demander sans qu’elle ne le prenne mal. Évidemment, c’est moi « la méchante »… Alors pour éviter les crises, depuis quelques temps, je lui ai demandé de ne plus me parler, ce qu’elle fait très bien, car elle sait que cette situation me fait beaucoup de mal.
Que dois-je faire ? Partir pour son bien-être ? Attendre de trouver une place au sein de cette famille ? Mais comment faire pour trouver cette fameuse place ?
Sa mère et moi-même avons demandé à son père de lui parler, ce qu’il refuse de faire.
Être une maman, ce n’est pas facile ! Mais être une « maman d’occasions » ça l’est encore moins… Comment faire comprendre à des enfants de parents séparés que plusieurs parents peuvent les aimer, sans pour autant remplacer les absents… ?
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