Si vous aviez le choix, que feriez-vous pour modifier votre apparence ?
Aurélie, 24 ans , Lyon - Rhônes-Alpes (69)
Merci belle-maman !
Il y a huit ans, mes parents se sont séparés. J’avais alors 12 ans et je l’ai très mal pris. Ils nous ont annoncé cela à mon grand frère et moi-même, très solennellement. Aucunes explications à ce moment-là, juste les banalités auxquelles on peut s’attendre : « Votre père et moi ne pouvons plus vivre ensemble, nous ne nous entendons plus… » et bien sûr, l’éternel « Ca ne veut pas dire qu’on ne vous aime pas, au contraire… » Difficile à croire pourtant, à l’instant précis où l’on voit tout son monde s’effondrer autour de soi. J’en ai beaucoup voulu à ma mère, je pensais que c’était de sa faute car c’est elle qui s’occupait de nous presque tout le temps, mon père étant très souvent absent. C’est donc à elle que l’on demandait tout : permission de sortir, signature de bulletin, etc… Et forcément, les punitions venaient d’elle, les corvées et le reste. Et à 12 ans, j’ai fait l’amalgame : responsabilité et faute.
J’ai donc demandé à rester avec mon père, ce qui a beaucoup surprit tout le monde, même mon grand frère qui lui est parti quelques mois plus tard – il avait déjà 22 ans. J’ai vécu avec mon père durant 5 ans, et si au début c’était une décision que j’avais prise pour « me venger de ma mère » en quelques sortes, au bout du compte, je commençais à me poser des questions sur ce choix arbitraire. Car il s’agissait bien de « camps » séparés. J’avais choisi celui de mon père et il s’en est servi pour le divorce d’abord et pour le reste ensuite, contre ma mère. Au départ, je trouvais cela normal et petit à petit j’ai eu des remords. Je ne voyais que très rarement ma mère, car même si officiellement je la voyait au moins une fois par semaine et la moitié des vacances, je faisais en sorte de ne pas être avec elle, même si j’étais chez elle. De son côté, ça a dû être très dur à supporter lorsque je m’enfermais dans ma chambre ou que je sortais voir des amis alors que nous avions peu de temps ensemble. Mais si aujourd’hui je m’en rends compte, à l’époque je trouvais cela normal.
La situation a changé quand j’ai eu 15 ans, et ... Une belle-mère ! Mon père s’est retrouvé une « amie » comme il disait, et finalement ils se sont mariés un an plus tard. Je sais que normalement les belles-mères sont considérées comme des marâtres ou des « voleuses de pères » mais dans mon cas ça a été tout l’inverse, même si au début cela a été un petit peu « chaud » entre nous… Pourtant très vite, elle s’est trouvée une place, un peu à l’écart de mes parents pour moi, elle n’était ni ma mère ni ma sœur mais une adulte tierce à qui je pouvais me confier sans qu’elle ne cafte ou qu’elle ne m’engueule. Et c’est grâce à elle que j’ai « reparlé » à ma mère. Je me suis rendue compte en discutant avec elle que j’en voulais à ma mère pour de mauvaises raisons et que j’avais seulement besoin d’explications. Ma mère et moi avons déjeuné ensemble un jour, j’avais alors 17 ans. Et je lui ai demandé de tout me raconter, ce qu’elle a fait. Rien de bien extraordinaire mais simplement, j’ai compris que mon père n’avait pas pris son rôle de mari et de père au sérieux, que seul son job lui importait à cette époque. Et ma mère ne pouvait plus vivre comme ça, elle est donc partie. Je ne rentrerai pas dans les détails de leur histoire mais en tous cas cela m’a permis de remettre les choses à leurs places et d’avoir enfin une relation agréable avec ma mère.
Un divorce n’est jamais facile, pour les parents comme les enfants. J’espère que certains pourront se servir de mon témoignage pour se dire que même si la situation semble perdue et irréversible il y a toujours un espoir et qu’il ne faut pas perdre courage !
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