L’avortement n’a rien d’anodin pour les femmes
Si le droit à l’avortement est massivement envisagé comme un acquis par les Françaises, cela n’empêche pas les femmes interrogées d’estimer en majorité (61%, dont 17% de « tout à fait ») que chiffre soit élevé.
Une très large majorité de Françaises (86%) se déclare favorable à l’Intervention Volontaire de Grossesse tandis que seule une minorité y est opposée (7%) ou ne parvient pas à se positionner, ou refuse de la faire (8% tout de même). 94% des cadres supérieures notamment approuvent cette pratique médicale, tandis que les mères de famille nombreuses (de trois enfants ou plus) se montrent plus réticentes (18% contre 7% en moyenne). Le nombre d’enfants constitue un facteur influent de perception.
En termes d’âge, les femmes âgées de 25 à 34 ans approuvent également plus fréquemment que la moyenne l’idée selon laquelle le chiffre d’un IVG pour 4 naissances est trop important. A l’inverse, les femmes divorcées et célibataires, non engagées dans un cycle de construction familiale stable, semblent moins choquées par cette proportion : elles sont respectivement 53% et 56% à qualifier ce chiffre de trop important contre 64% des femmes mariées et 62% de celles vivant en concubinage.
Le traumatisme de l'avortement
L’IVG n’est pas envisagée comme un acte anodin et les femmes ont massivement conscience de ses conséquences psychologiques. 83% des interviewées jugent en effet qu’une telle expérience laisse des traces psychologiques et 38% d’entre elles répondent même « oui, tout à fait ». Les femmes âgées de moins de 35 ans (92%), les CSP+ (89% parmi les cadres) ainsi que celles jugeant que le nombre d’IVG pratiquées en France est trop important (90%) font preuve d’une conscience accrue des effets psychologiques inhérents à l’avortement.
Les raisons
La situation matérielle (47%) représente aux yeux des Françaises le principal élément pouvant conduire une femme à ne pas mener sa grossesse à terme. Les influences extérieures, qu’elles résultent de l’avis du compagnon (13%), des professionnels médico-sociaux (12%) ou de l’entourage (8%), semblent jouer un rôle plus secondaire dans le processus de choix. Enfin, on note que la question de la discrimination au travail n’est pas absente, 27% des femmes jugeant que l’assurance de ne pas être discriminée dans son emploi serait en mesure d’amener les femmes à réviser leur choix.
Le jeune âge constitue un facteur décisif dans l’identification de certaines causes ou influences potentielles. La situation matérielle (58%) ainsi que l’avis de l’entourage (18%) apparaissent comme des composantes de choix plus déterminantes pour les jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans, moins installées matériellement. Elles accordent par conséquent un poids moindre à l’avis du corps médico-social (4% vs 12% en moyenne).
La moitié des Françaises optent pour un soutien psychologique pour protéger des influences extérieures (55%, dont 28% de première citation) les femmes confrontées à ce choix, alors même que l’influence des tiers n’est que peu perçu comme déterminant.
Dans les mêmes proportions, 54% des femmes interviewées se déclarent favorables à une information sur les aides matérielles et 50% des estiment qu’une discussion avec des professionnels de santé sur les conséquences du choix de l’IVG serait à même d’aider les femmes vivant une grossesse non désirée à ne pas recourir à l’IVG.
A la source de l'IVG
La précocité des relations sexuelles apparaît comme la cause explicative première de l’augmentation du nombre d’IVG chez les mineures : 54% des femmes évoquent cet élément, dont 31% en première citation. Par ailleurs, la défaillance des parents concernant l’éducation affective et sexuelle (45% de citations) ainsi que le manque de moyens contraceptifs (41% en moyenne mais 51% auprès des moins de 35 ans) émergent également de manière nette. La démission des parents en la matière apparaît davantage pointée que la défaillance des cours d’éducation sexuelle (20%). L’ignorance des jeunes sur les conséquences potentiellement difficiles de l’IVG (28%) n’est pas non plus à négliger tandis que l’impact de la banalisation des images pornographiques (15%) semble jouer un rôle plus secondaire.
Source :
Communiqué du sondage Ifop pour l'Alliance pour les Droits de la Vie – Les Françaises et l'interruption volontaire de grossesse – Février 2010
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