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Toutes les femmes peuvent-elles vivre un déni de grossesse ?

Le déni de grossesse concerne une grossesse sur cent ! Il est, pour la majorité des spécialistes, un trouble psychique grave, pouvant même conduire à un infanticide. Alors que Véronique Courjault encourt une peine de réclusion à perpétuité, après la découverte de deux bébés dans le congélateur de sa maison, des experts nous aident à comprendre ce phénomène.
Une réalité médicale
600 à 1 800 femmes sont concernées chaque année en France, par le déni de grossesse. Après avoir été reconnu médicalement, l'’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse se bat pour que le déni de grossesse soit maintenant juridiquement reconnu.

Définition
Le déni de grossesse se définit comme le fait pour une femme enceinte de ne pas avoir conscience de l’être. C’est ce que rappelle le Dr N.GRANGAUD, pédopsychiatre, dans une thèse qui fait référence, "Déni de grossesse, essai de compréhension psychopathologique". La caractéristique essentielle du déni est que le corps ne présente pas de signe de grossesse. Il n’y a pas de "ventre" ni de symptômes de la femme enceinte (pas de prise de poids, pas de sensations du bébé qui bouge, règles présentes...). "Le déni de grossesse concerne une grossesse sur cent", souligne le Pr Israël Nisand, professeur de gynécologie-obstétrique à Strasbourg. "La femme ne se sait pas enceinte". "Deux phénomènes cohabitent : une grossesse physique et grossesse psychique. Quand cette dernière n'existe pas, on est dans le déni de grossesse. Mais il n'y a pas forcément d'infanticide".

Les raisons du déni
Le déni de grossesse touche-t-il donc les mères au hasard ? Pour Sophie Marinopoulos, psychanalyste et auteur de La vie ordinaire d'une mère meurtrière, une mère en plein déni de grossesse ne peut pas accepter la situation du fait de sa souffrance morale : "Le déni est un mécanisme de défense contre la souffrance que la mère est en train de vivre". En outre, de nombreuses idées fausses sont véhiculées autour du déni. Il ne pourrait concerner que de très jeunes femmes ou des femmes "attardées". Bien au contraire, le déni touche toutes les catégories socioprofessionnelles et n'a donc pas d'origine sociale. Le plus troublant est que près de la moitié des femmes victimes d’un déni, est déjà mère d’un ou de deux enfants. Le fait d’être déjà mère ne protège donc pas du déni.

Responsabilité pénale ?
Pour Israël Nisand, préférant le terme de néonaticide à celui d'infanticide : "La femme n'a pas conscience de tuer un enfant. En général, elle se trouve dans un état d'irresponsabilité complète, d'hébétude totale". Selon l'expert, on ne peut pas généraliser les cas de déni de grossesse : "Il y a 150 causes de déni qui ne se ressemblent pas du tout. Autant d'histoires différentes que de femmes. Il n'y a que la femme elle-même qui peut essayer de découvrir ce qui lui est arrivé". Insistant sur l'absence de "préméditation de l'infanticide, l'absence "d'anticipation du décès", Sophie Marinopoulos déplore le manque d'écoute de ces femmes en proie à une véritable souffrance morale : "Accuser une femme d'assassinat, être aussi peu à l'écoute de sa souffrance, c'est une régression inquiétante, et pas seulement pour les femmes, pour les hommes aussi. La société est dans le déni du déni".

Pour en savoir plus :
Sophie Marinopoulos, La vie ordinaire d'une mère meurtrière, Ed. Fayard, 2008
Sheryfa Luna, Témoignage sur le déni de grossesse, Michel Lafon

Site de L'association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse

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Question 1 / 10

Votre petite Marie refuse de manger ses légumes et n'aime que le chocolat...

Vous ne la forcez pas. Ça viendra avec le temps...
Vous trouvez un compromis : une assiette de carottes = un dessert au chocolat
Vous vous décarcassez pour lui inventer des nouveaux plats

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