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Ne plus avoir peur du bégaiement

Il existe aussi bien chez l'enfant que chez l'adulte et touche 600000 personnes en France. Le 22 octobre, la 11ème journée mondiale du bégaiement tente de lutter contre les idées reçues, pour que ce handicap cesse d'être vu comme une tare. A cette occasion, les zozoteurs ont la parole et les membres de l’Association Parole-Bégaiement répondent aux demandes d’information.
Le bégaiement
600 000 personnes bègues en France, soit 1 % de la population. Le bégaiement touche trois sujets masculins pour un sujet féminin. Ce trouble affectant la parole reste de nos jours, un handicap mal toléré, dans une société où la communication est devenue un outil indispensable pour s'insérer socialement et professionnellement. Les situations où l'expression orale sont nombreuses : de l'éducation, au milieu professionnel en passant par le cercle des amis, tout passe tôt ou tard par la parole.
Le bégaiement est un trouble de la communication. Il se présente comme une suite d'accrocs dans l'élocution. Le bégaiement se manifeste le plus souvent à la suite d'une augmentation de la tension, qui altèrent la fluidité de la parole : répétitions de syllabes, blocages, prolongations de sons, voire mouvements involontaires. Il est se déclare dans les situations d'échange avec autrui, et paradoxalement, jamais en chantant.
A l’origine d’une véritable souffrance, le bégaiement provoque souvent le rire, la gêne, ou le rejet ; ce handicap social est encore mal compris. Aussi ceux qui en souffrent sont souvent isolés et croient ne pas pouvoir être aidés.

Quelles causes ?
Organiques, psychologiques ou héréditaires ? Chez l’enfant, un ensemble de facteurs tels que retard de parole, climat familial tendu, anxiété ou un tempérament volontaire, favorise le déclenchement de ce problème. De même, des événements qui introduisent un changement peuvent être à l'origine d'un bégaiement (la naissance d’un autre enfant, un déménagement, changement d’école, séparations…) Les réactions du sujet et de son entourage à sa difficulté viennent alors fixer le trouble.

L'intervention précoce
Le bégaiement débute le plus souvent, entre 2 et 4 ans, et rarement à l’âge adulte, sauf après traumatisme important. Si rien n’est entrepris, sur quatre jeunes enfants commençant à bégayer, l’un d’entre eux restera bègue à l’âge adulte, d’où l’importance d’une intervention précoce. L’expérience clinique met en évidence qu’une intervention orthophonique préventive
(dès 2 ans) pour des enfants qui débutent un bégaiement est d’une grande efficacité. En effet, plus la prise en charge sera précoce, plus le traitement sera court. Il s’agira essentiellement de permettre aux parents de réagir de façon adaptée au bégaiement de leur enfant et d’ajuster leur niveau d’exigence à ses capacités du moment. Même si le facteur génétique est maintenant reconnu, on peut espérer que la généralisation de cette prévention entraînera une diminution notable du nombre de personnes bègues.
Pour un enfant scolarisé, bien que le rôle des parents reste essentiel, une prise en charge orthophonique directe pourra être envisagée. Elle prendra différentes formes selon les difficultés de l’enfant (son langage, ses difficultés à l’école, son comportement).
L’enfant à cet âge n’est pas toujours très motivé malgré les moqueries et l’incompréhension rencontrées à l’école. L’adolescent, lui, s’implique plus volontiers dans la prise en charge.

Quels traitements ?
Pour les adultes, le recours à diverses thérapies individuelles ou en groupe permet de traiter le bégaiement : les thérapies orthophoniques et phoniatriques, comportementales et cognitives (TCC). Des traitements psychologiques tels que des cures de relaxation, des stages intensifs de la scénothérapie, ou la psychanalyse peuvent également être bénéfiques.

Pour en savoir plus :
La 11ème Journée Mondiale du Bégaiement aura lieu le mercredi 22 octobre 2008
Association Parole-Bégaiement (APB) – www.begaiement.org
Permanence téléphonique au n° : 0810 800 470 (prix appel local)

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