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Témoignage : "j'ai réalisé mon fantasme : tourner dans un film X"

Nous avons rencontré Sofia, 24 ans, aide-soignante à Périgueux. Elle avoue sans tabou son fantasme atypique et nous explique pourquoi elle voulait réaliser son rêve : tourner dans un film X. Aujourd'hui assumé, elle nous dévoile d'où lui vient ce désir de s'exposer et comment elle a surmonté sa peur du regard des autres. Elle sera du 14 au 16 mars sur le stand du réalisateur Fabien Lafait, au salon de l'érotisme du Bourget, à Paris.
Le milieu du X reste très masculin. Cet univers n'est-il pas malsain pour une femme ?
Sofia : Il n'est pas question de faire des choses que je n'ai pas envie de faire. Je ne veux pas me sentir salie, mais je pense être quelqu'un de suffisamment intelligent et éveillé pour ne pas tomber là-dedans. Les hommes sont très prévenants, les femmes sont sublimées. Les femmes sont d’ailleurs plus mises en valeur que les hommes pendant le tournage.
Et toutes les filles qui font du porno ne sont pas des filles tristes, bêtes ou perdues ou des prostituées. J'ai également un cerveau, je me lance des défis intellectuels qui sont cruciaux pour moi. Je ne cherche pas à provoquer ni à être jugée mais je n'en ai pas peur. Car je m'assume et je me sens bien avec mon corps.

Comment l'occasion s'est-elle présentée pour toi ?
Entre potes à 15 ans, on regardait des films pornos pour rire, mais finalement c'est devenu une curiosité pour moi. En allant au Salon de l'érotisme à Bordeaux, au mois de janvier, j'ai rencontré un réalisateur qui m'a parlé de son travail. J'ai été attirée par son côté très pro. C'était rassurant. Quand il m'a proposé de le rappeler pour peut-être rejoindre son équipe de tournage, j'ai accepté. A la base, j'étais partie pour faire des photos de charme, mais quand il m'a proposé un film, j'ai dit pourquoi pas. Il y a beaucoup d’actrices porno magnifiques, et je me fous totalement de l’image de la femme que ce genre de films peut renvoyer, je ne suis pas féministe.

Comment tu passes d'une curiosité du monde du X à une telle participation ?
J'ai un côté exhib, et j'ai toujours eu le petit fantasme de me faire un film, sans pour autant chercher à forcer le destin ou un de mes partenaires. Pour voir ce que ça donnait de faire un film, d'être filmée, d'être regardée. Je me suis dit que je voulais me lancer. Je veux faire toutes les expériences possibles avant d'être en couple. J'ai pas envie de perdre ma liberté et de me dire une fois en couple que je regrette ce que j'aurais pu faire pendant mon célibat. C'est donc un parti pris de vivre tout ça pendant que je n'ai personne en ce moment dans ma vie. Je ne veux pas regretter de ne pas avoir vécu mes expériences. C'est comme un manège à sensations. Une fois parti, on regrette de ne pas y être monté. Alors moi, je veux y aller, même si je dois avoir la peur de ma vie.

Faut-il avoir un côté exhibitionniste pour tourner dans un porno ?
Ce qui est paradoxal, c'est que je ne me montre pas nue en public, sans être pudique, je ne m’affiche pas, même si je n'ai pas de complexe avec mon corps. Je pense que j'ai envie de plaire et de séduire. C'est presque pathologique. Je veux que les gens aient envie de moi, que je leur plaise, physiquement ou intellectuellement. Et je pense que cette expérience était pour moi une manière de me mettre en scène, d'assouvir cette soif de plaire, de séduire.

N'y a-t-il que dans le monde du porno que tu pouvais séduire un public ? Pourquoi n'avoir pas pensé à tourner dans des films plus classiques ?
J'aime les choses extrêmes. Sans tomber dans le vulgaire, je suis toujours dans cette recherche de la séduction. Et je fais les choses à fond ou pas ! Même si par exemple je n'oserai jamais faire un strip-tease devant un public, parce que j'aurais trop peur, j'ai un rapport au corps très particulier. J'ai envie d'être reconnue pour ce que je fais avec mon corps. Être regardée pendant mes relations sexuelles ne me parait donc pas contradictoire avec mon désir de démonstration. La séduction charnelle, la sensualité, l'érotisation est quelque chose de trop important pour moi, dans ma vie, pour la nier ou ne pas la vivre.

Ton parcours a quand même quelque chose de très particulier. Tu peux nous le raconter ?
J'ai eu un cursus scolaire normal, et je suis aujourd'hui aide-soignante, depuis 6 ans. En parallèle de ma profession, j'ai pris des cours par correspondance pour obtenir mon baccalauréat général, que j'ai eu. Aujourd'hui je prépare le concours d'orthophoniste. D’où le défi intellectuel.

Maintenant que ton fantasme s'est réalisé, as-tu moins envie de le faire ?
Non, au contraire, ça invite à la surenchère. Maintenant, je cherche à voir le potentiel que je pourrais avoir dans ce milieu, sans devenir pour autant une professionnelle. J'ai rencontré des gens très sympas. C'était une expérience vraiment positive du début à la fin. J'ai plutôt envie de recommencer.

As-tu pensé que c'était aussi une manière de faire dans la fiction tout ce que tu ne pouvais pas faire dans le réel ?
Au niveau sexuel, j'ai des fantasmes très bateau, voire classique… Et dans la vie réelle, je n'ai jamais eu l'occasion de réaliser mes fantasmes. Avec le film porno, c'était l'occasion de le faire. Pour moi, ce n'est pas la vraie vie. Je sépare bien les deux choses. Ce n'est pas le même rôle.

Et ta famille, était-elle au courant ?
J'en ai parlé sans peur à ma mère. Mes amis les plus proches sont aussi au courant et ont bien réagi. Et les autres, j'étais contente de leur dire un peu pour les provoquer. C'était une manière pour moi de m'affirmer, peut-être un peu perverse, mais je voulais peut-être créer une réaction vis-à-vis des gens. Montrer que j'avais le cran de le faire. Faut assumer ce qu'on fait, ce qu'on est et ne pas en avoir honte. Mais il y a un moment où on est rattrapé par ses tabous et les tabous sociaux. Je ne l'ai pas dit à mes collègues de bureau par exemple. Mais j'ai tellement été jugée que j'ai pris le parti de m'en foutre. Les interdits des autres et les mauvais comportements à mon égard ne m'empêchent pas d'être la personne que je suis.

Sexe : libéré(e) ou guindé(e) ?

Question 1 / 7

Tu attends ton bus et tu sens que quelqu'un te regarde fixement depuis 5 bonnes minutes :

Mal à l'aise, tu préfères partir attendre un peu plus loin pour éviter son regard
Tu essaies de repérer qui ose te fixer comme ça et ensuite tu fais semblant de l'ignorer
Tu soutiens le regard. Le premier des deux qui le baissera aura perdu !

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