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Je ne sais pas dire non !

Dans certaines situations, il est parfois plus commode de faire profil bas plutôt que de créer un conflit international en disant tout simplement "non" ! Seulement, il arrive qu'à force de vouloir éviter les situations délicates en ne faisant pas valoir son propre avis, on finisse par perdre sa force de décision, et au final à ne plus se reconnaitre du tout. Des internautes qui n'ont pas su dire non se sont ainsi retrouvées piégées malgré elles, dans des situations impossibles. Elles nous racontent leurs expériences…
Carla, assistante de programmation radio, 32 ans,
"Je n'ose pas dire non à mon boss, mes amies, mes enfants…"


"Je n'osais pas dire non à son boss, ses enfants, ses amies… Du coup, je terminais à des heures pas possibles pour terminer des tâches ingrates que personne n'avait accepté. Je m'étais tellement désignée moi-même comme la solution de rechange que j'ai finalement changé de job. C'est à ce moment-là que j'ai compris que j'aurais du dire non dès le début et que j'ai été prise dans un engrenage infernal par ma propre faute."

L'avis du psy
Votre boss vous demande de rester plus tard ce soir et vous n’êtes pas d’accord ? Dites-le ! Trop souvent, on cède aux pressions car on croit ne pas avoir le choix. On lâche alors, à regret, un "oui", simplement parce que nous avons peur des conséquences de notre refus, comme si refuser de rendre service était un acte brutal et violent. C'est pour cette raison qu'opposer un refus est souvent une source de stress pour chacun de nous. Il faut donc apprendre à gérer son angoisse, tout particulièrement en remplaçant des pensées de victimisation telles que "c'est toujours sur moi que ça tombe !", par des pensées réalistes : "j'ai le droit de ne pas être d'accord et de le dire". Gardez à l'esprit des petites phrases qui vous sortiront du pétrin, telles que : “ce n'est pas de la mauvaise volonté, mais je ne peux pas” ou "je suis vraiment désolée, mais j'ai déjà un autre engagement"…


Sarah, vétérinaire, 41 ans,
"Je ne sais pas dire non à quelqu'un que je ne connais pas !"


"Le paradoxe chez moi, c'est que j'arrive très bien à me faire entendre de mon entourage. Je suis plutôt autoritaire avec mes enfants et au travail, je trouve toujours une manière de faire valoir mes conditions. Par contre dès qu'il s'agit de dire non à un vendeur un peu habile, dans un magasin de chaussures, j'ai l'impression d'être incapable de pouvoir dire non. Résultat, je me retrouve avec des objets sur les bras que je n'aurais jamais acheté si j'avais été toute seule…"

L'avis du psy
Dans le cas de Sarah, il faut savoir prendre son temps pour peser le pour et le contre avant de prendre sa décision… même, ou surtout, si vous sentez qu’on vous presse pour obtenir plus vite et plus facilement votre accord en essayant de brouiller les pistes. N’hésitez jamais à demander un délai de réflexion, en lançant une phrase telle que "je vais y réfléchir". Une autre astuce bien connue des psychologues est aussi de répéter sans lâcher prise son opinion, quelles que soient les objections de votre interlocuteur, jusqu'à ce qu’il les entende. Par exemple face à un vendeur qui vous assure que cette couleur vous va à ravir, au lieu de lui demandez s'il en est bien sûr, vous répondrez par exemple que "vous êtes juste venue pour jeter un coup d'œil"!


Céline, comédienne, 28 ans
"Je ne pouvais rien refuser à mon Ex !"


"L'amour rend aveugle !" Par amour, j'ai fait les pires choses pour ne pas contrarier mon ami. J'avais tellement peur qu'il me quitte ou qu'il ne veuille plus de moi, que j'ai fait passer mes désirs et mes principes en dernier. Je regrette de n'avoir pas su me mettre plus en avant, de n'avoir pas plus montré que j'avais du caractère. Je l'ai finalement quitté un jour où la goutte d'eau a fait déborder le vase. Mais je crois que j'ai eu besoin qu'il me marche vraiment sur les pieds pour comprendre que j'étais en train de perdre le respect de moi-même."

L'avis du psy
Céline a du rompre avec son sentiment de culpabilité.
Dire non, c'est accepter de devoir ensuite s'expliquer, négocier avec l’autre, trouver des solutions de rechanges. Mais c'est aussi s'exposer à des réflexions négatives ou à des refus.
Cette peur d'être mal jugé renforce alors l’état de dépendance dans lequel nous nous trouvons vis-à-vis des autres et souvent des êtres qui nous sont les plus intimes. C’est pourtant indispensable d'apprendre à dire non, si l’on veut affirmer sa personnalité et être vraiment soi-même… Pour obtenir un "oui" de votre part, certains proches ont compris la technique et vous culpabilisent. Il faut savoir percer à jour ce processus à temps et ne pas se laissez influencer. Un refus ne doit pas vous remettre en cause et ne doit pas être une réponse à un chantage affectif.


Pour en savoir plus :
Lisa Azuelos, Manuel à l'usage des filles qui auraient dû dire non, Editions Pictorus.
Marie Haddou, psychologue clinicienne et auteur de Savoir dire non, éditions Flammarion.
Dominique Costermans, Je ne sais pas dire non, Editions Luce Wilquin.


Propos recueillis par Natacha Lieury

Testez votre confiance en vous

Question 1 / 15

Un(e) inconnu(e) vous sourit dans la rue, vous vous dites :

L'erreur est humaine et l'erreur, c'est encore moi !
Je dois avoir un heureux sosie !
Voilà quelqu'un qui a du goût, un esthète sans doute !

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