Il/Elle ne veut pas aller à l'école...
L'école apparaît d'abord comme un milieu hostile à l'enfant qui a toujours vécu à l'abri dans le cocon familial ou à la crèche. Il entre en terrain inconnu. "L'école n'est pas maternante, la maîtresse doit s'occuper de 30 petits écoliers qui se retrouvent rivaux pour capter son attention. C'est une situation ingérable, il faudrait plus d'adultes pour prendre soin d'eux", explique la psychologue Jacquelyne Brun, auteur de Angoisse es-tu là ?. Les enfants passent sans transition d'un milieu protégé à un univers qui ne l'est plus du tout. "Je rencontre certains enfants pour lesquels, par exemple, aller en cour de récréation est une épreuve très difficile qui les angoisse vraiment , témoigne la psychologue. Plus timides que les autres, ces enfants s'y sentent en grande insécurité car ils se retrouvent avec beaucoup d'enfants, certains plus âgés qu'eux."
Une angoisse à prendre au sérieux
L'école représente un moment social important pour l'enfant qui change de statut. Une situation qui peut le bouleverser. "Les scènes matinales pour ne pas aller à l'école peuvent être violentes. L'enfant concentre toute son énergie pour éviter le supplice, analyse Jacquelyne Brun. Il ne faut pas négliger la douleur de son enfant. Il faut être vigilant car, dans ces moments-là, il se sent abandonné. Surtout, quand la souffrance est trop grande, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel, poursuit la psychologue. Trop souvent, les parents n'osent pas car ils craignent devoir accompagner leur enfant durant des années chez un psy. Ce n'est pas le cas. En une, parfois deux ou trois séances, nous parvenons à débloquer des situations qui paraissent très difficiles".
Etre à l'écoute
Le rôle des parents est de rassurer l'enfant qui a peur. A aucun moment les parents ne doivent considérer les réticences de leur enfant comme des caprices négligeables. "Il faut lui rappeler tout l'amour qu'on lui porte, lui montrer que l'école n'est pas une torture, que c'est pour son bien qu'il doit y aller. La planche de salut est dans la discussion. Ne pas hésiter à aller dans son sens pour prouver qu'on le comprend", souligne Jacqueline Brun. Un exemple ? Lorsque le jeune écolier rebelle lance "je veux rester avec toi !", le parent peut répondre, "Je te comprends, moi aussi j'aimerais rester à tes côtés, ce serait tellement bien... mais tu le sais, je travaille et ce n'est pas possible...". Une invitation au réconfort qui, pour être efficace, doit revenir souvent dans la bouche des parents.
En savoir plus...
- Angoisse es-tu là ? , Jacquelyne Brun, éditions Fleurus, 2000
- Les peurs de votre enfant. Comment l'aider à les vaincre ", Stephen et Marianne Barber et Robyn Spizman, éditions Odile Jacob
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