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De cigales, elles sont devenues fourmis ... ou vice-versa !

Elles comptaient le moindre centime, et d'un seul coup, elles ont cassé la tirelire et lâché la bride sur leurs dépenses. L'argent leur filait entre les doigts, et un beau jour, elles ont décidé de faire leur comptes. Deux cigales et une fourmi racontent leur métamorphose.
Sophie, 28 ans, Lyon

"Je suis une vraie fille, tendance fashion victim en plus : je ne gagne pas des cent et des mille, et pourtant, qu'est-ce que j'ai pu dépenser en vêtements ! Je trouvais une justification à toutes mes folies : une conversation houleuse avec mon patron, un petit coup de déprime, ou alors une super soirée en perspective : tout était bon pour que je craque toute ma paie dans des vêtements. Je voulais des habits qui me mettent en valeur, en toute circonstance. Un dimanche matin pourtant, je n'ai pas pris la peine de me mettre sur mon 31, j'allais juste acheter des croissants à la boulangerie du coin. Et c'est à que j'ai rencontré Bruno, avec qui je partage ma vie depuis. Je n'avais pourtant rien d'un sex symbol : treillis, baskets et pull élimé : c'est pourtant dans cette tenue qu'il m'a remarquée. Eh bien, ça a fonctionné comme un électrochoc : plaire même habillée en Cosette a changé ma vision des choses. Depuis, je m'achète beaucoup moins de vêtements : de toute façon, avec ce qu'il y a encore dans l'armoire, j'ai de quoi tenir des années !"

Elisabeth, 42 ans

"J'ai été élevée dans un milieu où on ne plaisante pas avec l'argent. Une idée bien ancrée qui a dominé une bonne partie de ma vie. Jusqu'au jour où j'ai échappé de justesse à la mort dans un accident de voiture. Un choc. Je me suis rendue compte qu'il y avait un tas de choses que je voulais faire dans la vie - voyager, passer mon baptême de plongée- mais que je ne me permettais pas, parce que je les jugeais futiles. Maintenant, partir au bout du monde ne me semble plus du tout sangrenu. C'est même devenu une règle, au moins une fois par an. Mais je ne vais quand même pas dans des palaces, faut pas trop m'en demander !".

Laure, 35 ans, Albi

"J'ai travaillé pendant 8 ans à Paris, dans la pub : un milieu branché par excellence, où porter un modèle de chemise de grand couturier italien de l'année précédente est le comble du mauvais goût. Bref, un milieu où les apparences jouent énormément. De fait, je dépensais beaucoup. J'adorais cette vie, mais la trentaine arrivant, j'ai eu soudain d'autres envies. Des envies de calme, de grand air, envie de construire une famille aussi. Et pour ça, je me suis rendue compte que l'argent était secondaire. J'ai tout plaqué pour m'installer dans le Sud Ouest de la France. J'ai dû troquer mes escarpins contre des bottes - plus confort et moins chères ! - et en fait, c'est tout mon mode de vie qui a suivi. Le seul luxe que je me suis encore permis : un 4X4. Pas pour frimer, mais c'est plus pratique dans les chemins de terre !".

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