Fratrie : y a-t-il une différence d'âge idéale ?
Les spécialistes de la petite enfance sont rarement d'accord sur une différence d'âge idéale entre l'aîné et son cadet. Ainsi, Marcel Rufo dans son dernier ouvrage (1) estime que celle-ci "est de 6 à 7 ans", tandis que d'autres, comme Minou Azoulai (2) préconiseront un écart de 3 ou 4 ans, sans que leurs arguments ne se contredisent pour autant. En réalité, la première question à se poser est celle des relations que l'on veut voir s'établir au sein de la famille en construction.
Une différence moindre pour privilégier le lien fraternel
Les défenseurs d'un écart d'âge réduit entre les enfants mettent en avant la qualité du lien qui unira les frères et soeurs. Ils pourront partager leurs jeux, puis leurs expériences d'adolescence. Cependant l'installation d'une relation forte ne se fera pas automatiquement. Pour Minou Azoulai, "plus que l'écart d'âge entre les enfants, ce sont le caractère et la maturité de chacun d'eux qui déterminent la qualité de leur relation, liés à l'attitude des parent qui, souvent, entretient ou infléchit la différence d'âge". Celle-ci remarque par ailleurs que "des naissances trop rapprochées, moins de 2 ans d'écart par exemple, peuvent être mal vécues par les petits, selon la fatigue et la disponibilité de la mère après des grossesses successives".
Un écart d'âge plus important pour favoriser l'individu et le lien parental
Pour Marcel Rufo qui préconise 6 à 7 ans de différence, l'aîné "a eu le temps de se forger des souvenirs de famille qui lui sont personnels et de jouir du statut d'enfant unique. Il profite de cette période pour gagner son autonomie et s'est déjà constitué un réseau d'amis hors du cercle familial". Mais dans ce cas, la relation entre les deux enfants à toutes les chances d'être minimale, ils ne partageront guère leurs expériences ni leurs petits tracas qu'ils ne vivront vraisemblablement pas simultanément.
Un sentiment de jalousie inévitable, quel que soit l'âge
Mais que l'écart d'âge entre les enfants soit de 1 ou 10 ans n'évitera pas les scènes de jalousie de l'aîné(e), à la naissance du cadet. Selon Minou Azoulai, "l'adaptation du premier enfant au second dépend surtout de la maturité de l'aîné, de son éducation, de son environnement affectif et de sa capacité à exprimer sa jalousie". L'important n'est pas d'éviter un sentiment de jalousie, bien naturel, mais de rassurer chacun des enfants sur l'amour qu'on leur porte individuellement, et ne pas céder à leurs caprices sous prétexte de les calmer. Ils ont le droit d'être jaloux, pas de vous contrôler...
(1) Frères et soeurs, une maladie d'amour, Marcel Rufo, Fayard, 2002.
(2) Comment l'aider à devenir l'aîné, Minou Azoulai, Nathan, 1990.
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