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La dictature de la santé

L'abus de médecine nuit gravement à la santé... A force de vouloir soigner et prévenir le moindre mal, nous sommes en effet susceptibles de nous créer de véritables maladies. Une dérive hypocondriaque que dénonce de Michel Lejoyeux, psychiatre (1). Explications...
En "bonne" santé...

"La bonne santé est une obsession contemporaine, constate Michel Lejoyeux, psychiatre. De plus, la définition de la bonne santé est souvent erronée : pour beaucoup, elle signifie "absence de manifestation corporelle". On ne doit jamais avoir mal !". Selon le médecin, cette idée fixe est aggravée par l'hyper médiatisation de la médecine. "C'est le syndrome de l'émission médicale : on a souvent très mal à la tête après une émission sur le cancer du cerveau !, constate-t-il. Chacun y va donc de son propre diagnostic et les interprétations catastrophiques d'un symptôme banal fusent!"

La dérive hypocondriaque

Or, sur un individu anxieux, l'obsession de la bonne santé peut être dangereuse. S'il va bien, il cherche à aller encore mieux, il anticipe le moindre mal et se bourre de vitamines. Résultats, il est susceptible d'augmenter les risques de maladies, rénales par exemple. Ensuite, au moindre signe de faiblesse, il file chez le médecin... Un banal mal de ventre banal sera sans doute soigné avec des médicaments trop forts. Il fait aussi son choix dans la liste de médicaments prescrite par le professionnel. Enfin, l'anxieux cherchera le docteur digne de sa maladie, celui qui sera à la hauteur du mal rare et incurable dont il est atteint. Et, à force de visites, apportera son propre diagnostic. Un abus de soins qui peut être à l'origine de maladies sérieuses. "L'ennui, c'est que ces individus se vivent comme raisonnables et prudents. Or l'excès de prudence est une imprudence", ajoute le psychiatre.

Connaître son corps et son langage

Comment éviter cet engrenage ? "Il faut faire confiance au médecin généraliste s'il dit que tout va bien ", insiste Michel Lejoyeux. Bref, éviter le tourisme médical et de ne pas consulter tous les médecins du bottin... Mais cela passe évidemment par une meilleure connaissance de son corps et de son langage, qui permet effectivement d'identifier les maux d'ordre anxieux...

(1) Michel Lejoyeux est l'auteur de Vaincre sa peur de la maladie, aux éditions de La Martinière.

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