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Fille/fils unique : et alors ?

Les enfants uniques passent souvent pour des malheureux. Certes, il y a la solitude, la pression des parents et le trop plein d'amour. Mais on peut aussi voir la situation du bon côté...
On est ravi... et bon en classe !

Emmanuel, 15 ans, est franchement ravi de ne pas avoir de frères et soeurs. Là où certains perçoivent la solitude et la pression, lui, il remarque sa chance. "Contrairement à d'autres, j'ai toujours dit à mes parents que j'étais bien tout seul." Clairvoyant, il ajoute: "D'abord, tu as plus de cadeaux, ensuite tu as tes parents pour toi tout seul, tu as toute leur attention, et puis il n'y a pas de chamailleries avec les autres. Aussi, tu obtiens plus de trucs : comme ils n'ont que toi, tu menaces de partir et ils cèdent." Vu sous cet angle, c'est vrai qu'il y a quelques avantages à être le seul descendant de la famille ! Sans en faire une loi immuable, on est aussi souvent plus précoce à l'école. "Scolairement, les parents les stimulent davantage mais c'est presque toujours le cas des premiers ", analyse Stéphane Clerget, psychiatre. Un côté sérieux qui s'expliquerait aussi par un besoin de se protéger de tout l'amour focalisé sur soi. Trop d'amour tue l'amour. Par un investissement intellectuel, l'enfant tient à distance l'affectif", développe le psychiatre.

Pas de frères et soeurs... et on grandit plus vite!

A ne vivre qu'avec des adultes, on finit aussi par grandir plus vite que les autres. On évite ainsi la traditionnelle régression à l'arrivée des petit(e)s frangin(e)s, destinée à se faire remarquer de maman qui s'occupe beaucoup trop de bébé...
Par ailleurs, il semble que l'on soit responsabilisé plus jeune : difficile de faire porter le chapeau aux frères et soeurs en cas de grosse bêtise, bref, pas moyen de se débiner !
On y gagne en assurance et, question identité, on sait assez vite qui on est : il n'y a pas eu de petits camarades de fratrie pour nous marcher sur les pieds.
La bonne nouvelle enfin, c'est que l'adolescence est le meilleur moment pour l'enfant unique. Finis les grands moments de solitude qui peuvent frapper l'enfant, encore dépendant de ses parents. Le temps des copains, des bandes et des sorties arrivent enfin ! Mais ce n'est pas toujours facile de "dé-scotcher" les parents : quand on est fils ou fille unique, papa et maman se cramponnent, et davantage encore s'ils sont séparés et seuls. "Il ne faut pas tomber dans le piège, prévient Stéphane Clerget. Qu'ils n'aient pas peur de favoriser le réseau social et les histoires d'amour ". Message reçu !

En savoir plus...

- Adolescence, la crise nécessaire de Stéphane Clerget chez Fayard
- Nos enfants aussi ont un sexe chez Robert Laffont

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