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Image du corps et déception : chirurgie ou psychothérapie ?

Depuis quelques années, on assiste à une amélioration et une diversification des techniques chirurgicales, entraînant une banalisation et une augmentation des actes de chirurgie plastique.
100 à 150 000 interventions par an en France

Catastrophique direz-vous... Or voilà, vous ne vous supportez plus. Depuis des années, votre ventre se plisse et fait sauter les boutons du pantalon. Et quoi qu'on en dise, la possibilité de régler ça sur le billard vous est forcément passée par la tête...Mais est-ce bien raisonnable d'entreprendre une lipoaspiration des graisses séculaires ? Lorsqu'on doute tant de son image, faut-il guérir l'esprit ou opérer le corps ? Bistouri ou thérapie ? Certaines demandes d'opérations laissent perplexes. Telle une jolie femme désirant corriger un défaut inexistant, ou un homme pensant que la gent féminine le rejette parce qu'il a les lèvres trop minces ? Le prétexte physique cristallise une souffrance dont l'issue n'est pas l'opération. Le chirurgien esthétique devra détecter toutes ces fausses raisons au cours de la première rencontre avec le patient.

Déception post-opératoire

Les entretiens préliminaires à l'opération doivent évaluer la demande du candidat, déterminer son bien fondé, et c'est pour cette raison qu'il est fréquent désormais de voir les chirurgiens travailler en relation avec un(e) psychologue. Bien souvent, une souffrance psychique est déplacée sur un complexe physique, de telle sorte qu'une intervention chirurgicale ne serait d'aucune aide. 10% des personnes opérées sont déçues de leur opération, mais pas parce que celles-ci sont ratées. Ces personnes ont fait appel à un chirurgien car elles pensaient que la modification physique transformerait leur rapport aux autres...

Chimères et désillusion

On touche ici au domaine du magique et de l'irréel, comme si l'acte chirurgical pouvait effacer la réalité. Ici entre en jeu la dimension du narcissisme : l'individu se trouve dans un mode relationnel ne lui permettant pas de s'intéresser réellement aux autres car il doit parvenir avant tout à consolider sa propre image. Il n'a pas les ressources nécessaires pour investir le monde extérieur. Alors Madame, ne gémissez plus : "Gérard me quitte parce que je suis ridée et que j'ai la peau flasque." Dites vous plutôt que votre couple est mis en échec et que vous redoutez l'abandon. Est-ce vraiment en changeant de visage que vous parviendrez à résoudre vos problèmes affectifs ? Quant à Monsieur, pensant qu'il ne trouve pas de travail "parce que son menton n'est pas assez volontaire", il devra réfléchir au fait qu'un problème d'emploi ne s'est jamais abrité dans un menton ! Ces personnes fragilisées se donnent pour mission d'atteindre une image idéale qui leur permettra d'augmenter leur estime de soi. Mais cette quête est un leurre, car la vulnérabilité est bien présente malgré tous les efforts pour se montrer à la hauteur. Cette faiblesse ne peut être escamotée par le recours artificiel à la chirurgie esthétique. Le corps peut être colmaté, mais les blessures du psychisme restent incrustées au coeur des fibres...

A quel personnage de fiction ressembles-tu ?

Question 1 / 10

Pour toi, le plus important dans la vie c'est :

de se faire plaisir autant qu'on peut
de ne pas se laisser faire par les autres
d'avoir le maximum d'amis pour être heureux

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