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La vérité sur les belles-mères

Le dernier livre de Christiane Collange, Nous, les belles-mères (éd. Fayard) a fait un tabac. Mot d'ordre de cet ouvrage: stop à l'opprobre jeté sur les "belles-doches" et place à des relations plus souples avec les enfants et leur conjoint. Après avoir rencontré une centaine de "B-M frustrées" dans toute la France, Christiane Collange trace le portrait d'une "B-M zen". Interview.
Pourquoi avez-vous écrit ce livre?

Parce qu'on ne parle que des problèmes que rencontrent les jeunes couples face aux beaux-parents, et que l'on aborde jamais le point de vue de ces derniers. Pourtant, il y a des difficultés des deux côtés: la belle-mère est toujours diabolisée, mais il faut faire comprendre aux jeunes le ressenti de la génération au-dessus. Eux aussi nous doivent une certaine délicatesse.

Que leur reprochez-vous?

Les enfants ont pris l'habitude que les parents soient là pour les rendre heureux, et non pas l'inverse. Le temps est toujours donné vers le bas et la génération en dessous. Aujourd'hui, une belle-mère est faite pour servir de baby-sitter et de banquier, point final. Au début, je pensais que c'était moi qui étais trop sensible, mais toutes les femmes que j'ai rencontrées m'ont dit la même chose. Je ne suis donc ni un monstre, ni une emmerdeuse !

Qu'ont pensé vos quatre belles-filles de votre livre?

Certaines m'ont demandé de couper des passages, d'autres se sont franchement marrées: les réactions des unes et des autres ont été très différentes. En tous cas, ce livre a fait progresser nos relations dans un sens très positif: on s'est expliqué, ce qui est toujours très utile. Mais encore faut-il que la belle-mère accepte la discussion. Je sais, de par mon expérience, que certaines sont obtuses et ne veulent rien entendre. Elles forgent leur propre malheur...

Quelle est votre solution pour être une belle-mère heureuse?

Quand une femme doit tout donner à son mari et à ses enfants, et qu'elle passe toujours après, qu'elle se sacrifie, il y a forcément un moment où ça explose. Aujourd'hui, ce modèle est périmé. Selon moi, une belle-mère "zen" est celle qui ne dépend pas de ses enfants pour constuire son propre équilibre. Mon conseil aux belle-mères est donc de se trouver des centres d'intérêt complètement extérieurs à leurs enfants pour conserver une certaine liberté, à la fois intérieure et extérieure.

Propos recueillis par Yves Jaéglé

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