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Quelles sont les personnalités qui s'entendent le mieux avec les machines ?

Pourquoi certains individus passent-ils leur vie, enthousiastes, devant des ordinateurs tandis que d'autres peinent et engendrent des bugs à longueur de journée ? Une question de personnalité selon les psys...
Bonnes et mauvaises vibrations ?

A 30 ans, assistante de direction, Claire a des problèmes avec les machines. Du PC au fax en passant par l'imprimante, rien ne fonctionne jamais comme elle le voudrait. "Je dois dégager de mauvaises ondes, sourit-elle. Entre elles et moi, il se passe des choses soi-disant "impossibles" pour les techniciens. Du coup, au boulot, on m'appelle la sorcière !".
En revanche, Eric, manager dans une société d'assistance, a eu lui son premier ordinateur à 15 ans. "J'ai toujours été attiré par les machines, les boutons... Ca a toujours un petit côté magique pour moi. C'est comme un petit monde, parallèle à la vraie vie, que l'on peut modeler comme on veut". Après avoir pris plaisir à programmer, ce jeune homme de 32 ans surfe allègrement pour remettre son Mac à jour, et passe beaucoup de temps à écrire des e-mails fleuve à ses amis. Il a cependant abandonné ses études d'informatique parce qu'il ne voulait pas ressembler à ces "fous de techno", à la limite de l'autisme.
Comme ce collègue de Diane, 34 ans, ex-employée d'une start-up "qui chaque matin venait avec sa brique de jus d'ananas, s'installait devant son PC et travaillait sans piper mot jusqu'à 21h pour s'y remettre le soir chez lui".

Deux types de personnalités aiment les machine

Selon François Lelord, psychiatre, on peut aimer les machines essentiellement pour deux raisons opposées, qui correspondent en fait à deux types de personnalités. Première raison : aimer passer son temps devant un écran pour limiter les contacts avec les autres. C'est le cas des personnalités "obsessionnelles" et "évitantes", qui ont à la fois un désir de contrôle et ressentent un malaise en face d'autrui.
Deuxième raison : aimer les machines pour l'attrait de la nouveauté et de la variété qu'elles représentent. "C'est la manière extravertie d'aimer les machines puisqu'elles donnent accès, via les jeux vidéo, l'Internet et le courrier électronique, à un univers relationnel encore plus grand", précise François Lelord.
Selon lui, les messageries sont même parfaites pour les anxieux, qu'elles rassurent "puisqu'on peut échanger de façon progressive et sans se voir". Du coup, les technophobes comme Claire manqueraient de confiance en eux ou "ont le désir de s'affirmer par rapport aux normes". Autrement dit, des timides ou des rebelles !

Une histoire de fantasme

Pour le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, pourtant, seul le fantasme derrière le rapport avec la machine compte : "Les technophiles ne traitent pas un ordinateur comme un intermédiaire, mais comme un interlocuteur à part entière, dont on a envie de découvrir l'intimité et de préparer à des tâches plus complexes", explique-t-il. Il croit, avec la convivialité croissante des nouvelles technologies, à une relation "réversible" avec l'ordinateur-machine hybride, tantôt considérée comme simple objet, tantôt comme un interlocuteur à part entière.

En savoir plus...

A lire :
- Comment gérer les personnalités difficiles, François Lelord et Christophe André, éd. Odile Jacob
- Petites mythologies d'aujourd'hui, Serge Tisseron, éd. de l'Aubier

Sur le Web :
- www.afihm.org : un site sur l'addiction technologique.

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