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Cauchemars et terreurs nocturnes : deux univers bien distincts

La terreur nocturne est souvent confondue par les parents avec le cauchemar. Savoir la reconnaître permet aussi de mieux la traiter. Démonstration.
Faire la différence

Elle ressemble à s'y méprendre à son faux ami, le cauchemar, et donne aux parents des airs d'impuissance : la "terreur nocturne" des petits dormeurs repose pourtant sur des données cliniques bien définies. Dans la série des indésirables du sommeil, elle se range au côté du somnambulisme. Elle apparaît dans la première partie de la nuit au cours des trois premières heures d'endormissement, pendant le sommeil "lent profond" - à l'inverse du cauchemar qui surgit en deuxième partie de nuit. Elle se rencontre surtout chez les enfants de trois à six ans, plus particulièrement chez les garçons. La terreur nocturne porte bien son nom. L'enfant s'assied sur son lit, se met brutalement à hurler, à se débattre contre mille et un monstres invisibles. L'air hagard, yeux ouverts et pupilles dilatées, poils hérissés, il formule des propos incohérents pour l'entourage. Autres symptômes souvent présents : pâleur du visage, rougeurs diffuses sur le corps, tachycardies, sudation, etc. La terreur nocturne peut durer de quelques secondes jusqu'à vingt minutes, et n'apparaît qu'une seule fois dans la nuit.

Ne pas intervenir

Contrairement au cauchemar qui ramène l'enfant à l'éveil, "il ne faut surtout pas tenter de réveiller l'enfant pour le rassurer, précise la psychanalyste Lyliane Nemet-Pyer (1). Il ne faut pas intervenir, l'enfant se rendormira spontanément.". Si les parents tentent de calmer l'enfant, celui-ci risque d'adopter ce que les experts appellent le "réflexe de fuite" : l'enfant se met à déambuler violemment dans la chambre. Le lendemain, l'enfant ne se souviendra de rien. Cette "amnésie" et cette impossibilité de l'enfant à mettre des mots sur ses frayeurs caractérisent la terreur nocturne. Selon les médecins, elles sont favorisées par un contexte stressant, un état de fièvre ou une irrégularité du rythme de vie. Éviter les privations de sommeil, les exercices physiques le soir et redéfinir en famille les rythmes de veille/sommeil de l'enfant permettent de venir à bout de ces terreurs. Celles-ci restent occasionnelles dans la vie de l'enfant et disparaissent avec la puberté.

(1) Lyliane Nemet-Pyer est psychanalyste et pédiatre, externe de l'Hôpital Robert-Debré à Paris, auteur de Moi la nuit, je fais jamais dodo, Editions Fleurus, Coll. "Le métier de parents", 2000.

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