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Adeline, 17 ans, dépressive

Interne au lycée dans une grande ville de province, Adeline a grandi à la campagne. Aujourd'hui, elle commente avec fraîcheur et maturité une épreuve surmontée il y a tout juste un an. Ce jour là, elle s'étaient enfermée à clef dans sa chambre et avait avalé une boîte d'antidépresseurs et de calmants...
Les prémisses

"J'ai commencé à être dépressive à 15 ans. Il y a eu plusieurs décès autour de moi. J'ai perdu un oncle d'un cancer. Le meilleur ami de mon père, atteint lui aussi d'un cancer, s'est lui suicidé en décembre 1999. Tout ça en trois ans. Mais il y a encore autre chose : juste avant le décès de mon oncle, mes parents ont été mis au courant que gamine, j'avais subi des attouchements sexuels de la part d'un autre de mes oncles. J'avais longtemps fermé ma gueule et accusé le coup, en me disant que chacun avait le droit à l'erreur. Mais lorsque la vérité a éclaté au sein de la tribu, j'ai eu la sensation d'avoir installé le doute dans le clan. Cela ne m'a pas traumatisée outre mesure, mais j'ai cru avoir détruit la confiance entre les frères et les soeurs. Bref, à cette époque, je ne pouvais plus me reposer sur quelque chose de stable. Je baignais dans le noir et me suis finalement laissée aller dedans.

L'étincelle qui a mis le feu aux poudres ?

L'embrouille que j'ai eu avec un frère de 22 ans. Jusque là, les rapports frère/soeur étaient pour moi sacrés. Du coup, j'ai écrit une lettre, comme une gamine de cinq ans, et j'ai avalé une boîte d'antidépresseurs et de calmants. Pour me sauver, mon frère a défoncé la porte et mon père m'a emmené aux urgences sans me dire un seul mot. A l'hôpital, il n'a même pas voulu dire ce que j'avais fait... Finalement, heureusement qu'ils m'ont trouvé à temps car au fond j'espérais que mon plan échoue. C'était vraiment un appel au secours, même si sur le moment je n'en avais plus rien à foutre de la vie. Aujourd'hui, si c'était à refaire, je le referais car un tel geste pousse forcément à la remise en question. Dans ma famille, même si rien n'a vraiment changé, je me suis rapprochée de ma grand-mère paternelle. Je suis interne en classe de seconde, à cent kilomètres de chez moi. C'est une façon de prendre mon indépendance. J'en avais besoin. Je sais que j'ai un point sensible et qu'il en faut parfois peu pour dérailler. Mais je suis suivie par un psy depuis un an. Ca éclaire tellement de choses..."

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