Baby blues, dépression post-natale et psychose puerpérale : bébé est là, mais ça va pas !
Les psychopathologies du post-partum regroupent l'ensemble des troubles psychiques qui peuvent apparaître chez une femme venant d'accoucher. On distingue le baby blues, la dépression post-natale et la psychose puerpérale.
- Le baby blues est un état dépressif bénin qui touche environ sept accouchées sur dix, autour du troisième jour après la naissance. Il disparaît spontanément au bout de quelques jours.
- La dépression post-natale peut commencer par un baby blues qui se prolonge, ou survenir plusieurs mois après l'accouchement. Une femme sur dix est concernée. Elle présente les symptômes d'une dépression, centrée sur son rôle de mère et la relation avec l'enfant.
- La psychose puerpérale, qui concerne de 500 à 700 femmes en France, chaque année, se caractérise par une grave instabilité mentale et nécessite une hospitalisation.
Symptômes repérables
- Pour le baby blues, les symptômes sont les suivants : crises de larmes sans raison apparente, fatigue, irritabilité, sautes d'humeur, anxiété, doutes sur sa capacité à s'occuper du bébé, troubles du sommeil, sentiment de découragement.
- La dépression post-natale se caractérise elle par une fatigue tenace, des pleurs fréquents, des pensées obsessionnelles, des difficultés à se concentrer, un grand manque de confiance en soi, un sentiment permanent d'être débordée, incompétente, mal jugée et mal aimée, des colères incontrôlées, des crises d'angoisse, parfois des tendances suicidaires.
- Pour la psychose puerpérale, on repère des confusions, des délires hallucinatoires, la perte du sommeil, le symptôme majeur étant d'entendre des voix qui disent de faire du mal, voire de tuer, le bébé.
Population à risque
Les femmes peu ou mal entourées sont bien sûr plus fragilisées. Des problèmes familiaux, de mauvaises relations avec ses parents, des tensions à l'intérieur du couple, sont autant de facteurs qui peuvent prédisposer à un baby blues ou une dépression. "Le rapport à sa propre mère est très important" souligne Catherine Garnier-Petit, psychologue. "La mère pose une empreinte sur sa fille qui, à son tour, la posera sur son propre enfant. Ainsi, si une femme ne s'est pas occupée de son bébé à la naissance, il peut arriver que cet enfant connaisse des difficultés quand elle devient mère". Le retour à la maison peut être un moment "à risque", si la nouvelle maman est seule, débordée, sans soutien ni personne à qui se confier.Pour la psychose puerpérale, la survenue est complètement inattendue. Il n'y a pas d'antécédent psychiatrique.
- Le baby blues disparaît au bout de quelques jours, d'autant plus vite si la maman a l'opportunité de parler, d'exprimer ses peurs, son angoisse, ses doutes. Il suffit souvent d'un échange avec un proche, un médecin, une sage-femme, une puéricultrice, ou une autre jeune maman, pour que tout rentre dans l'ordre.
- Une dépression post-natale nécessite une intervention rapide (et donc un diagnostic précoce) afin d'éviter que les symptômes ne s'installent et s'aggravent. Une approche combinée, alliant un traitement médical et une psychothérapie, est nécessaire.
- La psychose puerpérale impose une hospitalisation, préservant au maximum le lien mère-enfant.
Quelques conseils pour éviter les coups de blues
- Avant d'accoucher, créer autour de soi un véritable réseau d'aide pour le retour à la maison avec bébé: maman et belle-maman pour cuisiner et tenir la maison, soeurs et belles-soeurs pour quelques demi-journées de baby-sitting, amies à qui téléphoner à toutes heures pour partager ses peines et ses joies...
- Ne jamais hésiter à parler, à partager ses angoisses, avec son médecin, son pédiatre, une sage-femme. C'est leur métier, ils sont là aussi pour ça.
- Ne pas hésiter non plus à consulter un psychothérapeute. Cela peut ne durer que le temps de quelques séances, pour décoincer la situation présente, sans engager dans une thérapie longue durée !
En savoir plus...
A lire :
- Mal de mère, mal d'enfant, angoisse et bonheur de la maternité, Catherine Garnier-Petit, éd. Albin Michel
- Le guide de l'après-accouchement, Sylvie Gausse et Hélène de Gunzburg, éd. Albin Michel, Bibliothèque de la famille : Le livre indispensable et incontournable, une mine d'idées et de bons conseils.
- Le sens de la maternité, Jean-Marie Delassus, éd. Dunod : un ouvrage qui fait le point sur "la maternité psychique", considérant que la maternité est un état psychologique spécifique et pas simplement un processus physique.
Sur le Net :
- http://perso.club-internet.fr/materno : le site du service de maternologie de St-Cyr-l'Ecole qui soigne, depuis 1987, les difficultés maternelles précoces par la prise en charge des mères et des bébés en y incluant le père. Cette thérapeutique spécifique de la maternité psychique s'avère efficace dans plus de 90% des cas.
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