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Pitbull : lorsque le chien domine l'homme

Le Pittbull est considéré par la loi comme un chien dangereux. Dans les dernières années et plus encore dans les derniers mois, on parle de ces chiens "dangereux". Comment interpréter sa popularité ? Mode ou révélateur social ?
Le chien est-il le meilleur ami de l'homme ?

Le chien est sacré en France comme la vache en Inde. Ce n'est pas une religion mais une obsession. Avec le pitbull, il y a un renversement complet. C'est le mauvais chien, l'ennemi public. C'est le chien qui résiste, qu'on voudrait éradiquer, refouler du territoire et des cauchemars. Il y a eu une loi, en janvier 99, censée éradiquer en France les chiens dangereux. L'acquisition et l'importation sont interdites.

Tout pitbull doit être vacciné, stérilisé et porter une muselière

Mais la loi n'est pas appliquée partout, les procédures judiciaires sont trop lentes, trop compliquées aussi. Il n'y a pas de possibilité de comparution immédiate.
S'il y a des pitbulls, c'est parce qu'il y a une tolérance de la société, des lois, mais aussi de la police qui reconnaît qu'au moment où elle cherche à renouer avec les jeunes, elle ferme les yeux.
De toutes façons, il n'y a pas assez de place dans les fourrières, comme il y a pas de place dans les prisons. Tout se passe comme si c'était un mal nécessaire, le pitbull.
Alors pourquoi ? Dans certaines banlieues, certaines cités, ces chiens sont des armes d'attaque ou de protection. Il y a une stylisation du pitbull, c'est une griffe comme Lacoste ou Nike, sauf que là, c'est la griffe du méchant. C'est la projection d'un fantasme : je suis un exclu, mon chien aussi, il devient une partie de moi.

Le pitbull, c'est un chien dominant

C'est le mot qu'emploie un jeune dans un témoignage. "Avec les autres chiens, il faut qu'ils se soumettent tout de suite, sinon, c'est la bagarre", dit cet amoureux des pitbulls. On est donc dans un fantasme de domination. Ces deux exclus, maîtres et chiens, dominent leur quartier.

Avoir un pit, c'est aimer regarder la peur dans les yeux de l'autre

Et même parfois la souffrance. Comme s'il n'y avait que deux solutions : la souffrance d'être une minorité montrée du doigt, menacée ou de devenir menaçant. Comme s'il y avait un court-circuit de la souffrance et la vengeance, qui prend la forme d'un chien, sans aucune élaboration, aucune pensée qui permettrait de sortir de ce cercle vicieux : souffrir ou faire souffrir, être un esclave ou être un maître.

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